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    Pas de mégaprojet à court terme pour Hydro-Québec, qui se prépare quand même

    29 septembre 2017 |Julien Arsenault - La Presse canadienne | Actualités économiques
    Éric Martel a affirmé qu’Hydro-Québec veut s’assurer d’être en mesure de prendre une décision dès 2020 s’il y a un besoin d’ajouter de la capacité de production.
    Photo: Chris Young La Presse canadienne Éric Martel a affirmé qu’Hydro-Québec veut s’assurer d’être en mesure de prendre une décision dès 2020 s’il y a un besoin d’ajouter de la capacité de production.

    Le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, ne voit aucune nécessité de se lancer dans un nouveau mégaprojet à court terme, mais cela n’empêche pas la société d’État de se préparer à cette éventualité si elle doit changer son fusil d’épaule.

     

    En entrevue avec La Presse canadienne, celui-ci a affirmé qu’Hydro-Québec, dans le cadre de son plan stratégique, veut s’assurer d’être en mesure de prendre une décision dès 2020 s’il y a un besoin d’ajouter de la capacité de production. « Nous voulons être capables de dire “si nous voulons mettre de l’avant un projet hydraulique, sur quelle rivière il se réalisera et quelle sera la facture” », a expliqué M. Martel.

     

    Une semaine après la sortie du premier ministre Philippe Couillard dans le cadre de la Climate Week NYC, à New York, où il a affirmé que l’ère de la construction des grands barrages hydroélectriques était terminée, le grand patron de la société d’État a voulu faire le point.

    Cela serait irresponsable de ma part de dire que nous allons commencer un nouveau grand projet
    Éric Martel, p.d.-g. d'Hydro-Québec

    Alors que la mise en service de La Romaine se poursuivra jusqu’en 2020, le Québec a toujours de la marge de manoeuvre au chapitre de la capacité de production, grâce notamment au déploiement de projets ainsi qu’à une stabilisation de la consommation dans la province attribuable au progrès en matière d’efficacité énergétique. « Pour l’instant, cela serait irresponsable de ma part de dire que nous allons commencer un nouveau grand projet, a affirmé M. Martel. Je ne pourrais pas justifier ce que l’on ferait avec cette énergie. »

     

    Hydro-Québec, qui courtise l’Ontario et convoite d’importants contrats d’approvisionnement dans les États du Massachusetts ainsi qu’à New York, dit avoir la capacité nécessaire pour approvisionner de l’énergie. Toutefois, la société d’État doit continuer à étudier des scénarios de projets — barrages, éoliens ou un parc solaire — puisqu’il y a plusieurs questions qui demeurent sans réponse, estime M. Martel.

     

    « Il y a une croissance de la consommation du côté des centres de données, explique-t-il. La situation sera similaire avec les véhicules électriques. Par exemple, l’Ontario pourrait fermer des centrales nucléaires […] et il serait logique pour nous de vouloir être un fournisseur d’énergie. »

     

    Entente

     

    De plus, Hydro-Québec ignore pour le moment ce qu’il adviendra de son entente avec Terre-Neuve-et-Labrador entourant l’achat d’électricité à bas prix de la centrale de Churchill Falls. Ce contrat vient à échéance en 2041. « Est-ce qu’ils vont continuer à nous vendre de l’électricité ou pas ? Il faut se poser la question », dit M. Martel.

     

    En raison de ces facteurs, et afin de conserver une expertise interne, la société d’État veut avoir des options claires devant elle en 2020 s’il est nécessaire d’ajouter de la capacité de production dans les années suivantes. « Si l’on arrive en 2025 […] et que l’on sait qu’il n’y aura plus d’accès à Churchill Falls, que l’industrie de l’aluminium continue de croître, nous serons en mesure de savoir quel projet lancer », dit le dirigeant d’Hydro-Québec.

     

    À son avis, la décision d’aller ou non de l’avant avec un projet majeur sera certainement prise d’ici 2030. M. Martel écarte toutefois du revers de la main la suggestion du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, de lancer de nouveaux grands projets hydroélectriques dans le but de bonifier la capacité d’exportation de la province.

     

    Dans le cadre de son passage à New York la semaine dernière, le premier ministre Couillard avait également évoqué une décentralisation de la production d’électricité, ce qui mènerait à une révolution dans la relation entre les petits producteurs et les services publics comme Hydro-Québec.

     

    Le président-directeur général dit constater une certaine volonté des Québécois pour produire une partie de leur énergie, notamment grâce à la technologie photovoltaïque. M. Martel doute cependant qu’un nombre significatif de clients d’Hydro-Québec prennent la décision de se « débrancher » de son réseau, puisque le phénomène de la décentralisation de la production est beaucoup moins rapide au Québec.

     

    « Si vous habitez à San Francisco, vous payez 42 ¢ le kilowattheure, comparativement à 8 ¢ au Québec, souligne-t-il. Nous avons les tarifs les moins élevés en Amérique du Nord. Cette révolution est beaucoup moins rapide. »













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