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    Le crédit d’impôt, une «source d’oxygène» pour les petits joueurs du jeu vidéo

    Le patron du studio iLLOGIKA, David Fugère-Lamarre, vante les mérites de l’aide fiscale

    Les chercheurs du CIRANO se sont aussi demandé si le crédit d’impôt permet de créer de nouveaux emplois dans l’industrie du jeu vidéo, ou s’il ne fait que déplacer une main-d’oeuvre qualifiée dont auraient besoin plusieurs entreprises technologiques québécoises.
    Photo: iLLOGIKA Les chercheurs du CIRANO se sont aussi demandé si le crédit d’impôt permet de créer de nouveaux emplois dans l’industrie du jeu vidéo, ou s’il ne fait que déplacer une main-d’oeuvre qualifiée dont auraient besoin plusieurs entreprises technologiques québécoises.

    Il serait faux de prétendre que le crédit d’impôt offert à l’industrie du jeu vidéo ne profite qu’aux multinationales, soutient le président d’iLLOGIKA, David Fugère-Lamarre. En entrevue au Devoir, le cofondateur de ce studio indépendant affirme que l’aide fiscale est une « source d’oxygène » essentielle pour les petites entreprises québécoises qui oeuvrent dans ce secteur très concurrentiel.

     

    « Parmi les indépendants, tout le monde s’entend pour dire que [le crédit d’impôt] représente un avantage indéniable pour les plus petits studios, souligne-t-il. C’est une source d’oxygène qui est super importante dans les débuts d’une entreprise. »

     

    « Lorsqu’on parvient à payer des salaires et à obtenir le crédit d’impôt, ça nous aide beaucoup. Probablement plus que les plus gros joueurs, en proportion de nos revenus. »

     

    Argent réinvesti ici

    M. Fugère-Lamarre dirige l’entreprise montréalaise de 45 employés, en plus de s’impliquer au sein de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec, qui représente quelque 140 studios québécois.

    David Fugère-Lamarre

     

    Il rejette les conclusions du rapport du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) publié la semaine dernière voulant que le crédit d’impôt pour la production de titres multimédias (CTMM), qui rembourse jusqu’à 37,5 % des dépenses de main-d’oeuvre admissibles, profite avant tout aux entreprises étrangères.

     

    « En marge des grands studios, Montréal possède un riche écosystème formé de petits studios indépendants locaux, soulignait le rapport. Le potentiel de croissance et de concurrence de ces derniers semble toutefois limité par une intervention gouvernementale essentiellement destinée à attirer et à retenir de grands studios étrangers sur le territoire. »

     

    L’étude en question indiquait également que le maintien du CTMM pour une période indéterminée pourrait faire du Québec « le subventionnaire d’une industrie qui profite surtout à des étrangers ».

     

    « Dans notre cas et dans les cas des autres plus petites entreprises de l’industrie, l’argent économisé grâce au crédit d’impôt est réinvesti dans le développement des projets. C’est de l’argent qui reste au Québec », fait valoir le dirigeant du studio qui développe des jeux en tous genres, y compris pour mobile et PC.

     

    Le jeu vidéo d’abord

     

    Dans leur rapport, les chercheurs du CIRANO se sont aussi demandé si le crédit d’impôt permet de créer de nouveaux emplois dans l’industrie du jeu vidéo, ou s’il ne fait que déplacer une main-d’oeuvre qualifiée dont auraient besoin plusieurs entreprises technologiques québécoises.

     

    Ils ont ainsi repris les arguments mis en avant par les dirigeants de certaines compagnies montréalaises, comme Stingray et Coveo.

     

    Là encore, David Fugère-Lamarre n’est pas d’accord. « Mes collègues de travail sont vraiment attirés par des projets de jeu vidéo, dit-il. Donc si demain matin, il n’y avait plus d’industrie du jeu vidéo à Montréal, une grande partie de cette main-d’oeuvre serait tentée de déménager à Toronto ou ailleurs dans le monde pour continuer de travailler dans le domaine qui les anime. […] Ils n’iraient pas nécessairement chez les Stingray et les Coveo, parce que ça ne les intéresse pas vraiment. »

     

    Diminuer le risque

     

    Le patron d’iLLOGIKA explique que son studio naissant a pu bénéficier du CTMM après environ trois ans, lorsqu’il a pu verser un salaire à ses premiers employés. Il admet que cette aide fiscale arrive un peu tard pour une entreprise en démarrage, mais il est convaincu de son utilité sur le long terme.

     

    « Ça peut prendre du temps avant de rendre les projets rentables, de trouver la bonne recette. Pendant qu’un studio comme le nôtre acquiert une réputation, le crédit d’impôt permet d’amoindrir le risque et de développer des projets plus ambitieux, plus intéressants », note-t-il.

     

    M. Fugère-Lamarre constate que l’aide fiscale instaurée par le gouvernement du Québec à la fin des années 1990 a permis de développer un écosystème du jeu vidéo dans lequel les différents acteurs collaborent fréquemment. Son studio a par exemple produit un jeu pour mobile afin de promouvoir un jeu sur console d’Ubisoft.

     

    Le débat concernant le crédit d’impôt offert à l’industrie du jeu vidéo pourrait par ailleurs être ravivé prochainement par la sortie publique de plusieurs dirigeants d’entreprises québécoises. Selon La Presse, des dizaines d’acteurs du Québec inc. provenant de différents secteurs d’activité songent à s’unir pour critiquer l’aide fiscale et exposer la pénurie de main-d’oeuvre à laquelle ils font face.













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