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    Les ouragans troublent le monde de la réassurance réuni à Monaco

    Il est trop tôt pour évaluer précisément la facture totale dont devront s’acquitter assureurs et réassureurs, selon plusieurs professionnels

    12 septembre 2017 | Agence France-Presse - Avec Le Devoir | Actualités économiques
    Des maisons ont été détruites au passage d’Irma, à Naples, en Floride.
    Photo: Spencer Platt Agence France-Presse Des maisons ont été détruites au passage d’Irma, à Naples, en Floride.

    Monaco — Les grands réassureurs mondiaux, réunis à Monaco en congrès, ont commencé à se préoccuper de la facture que laisseront les ouragans Harvey et Irma, au moment où le secteur est mis sous pression par une érosion des prix et des taux.

     

    « Harvey et Irma sont des événements significatifs pour l’industrie, […] ils vont dominer les discussions ici à Monte-Carlo », a déclaré Torsten Jeworrek, l’un des dirigeants du réassureur allemand Munich Re, lors de la grand-messe annuelle du secteur qui s’est ouverte dimanche.

     

    Après avoir ravagé plusieurs îles des Antilles, Irma a frappé dimanche un chapelet d’îles très touristiques en Floride et remontait lundi la côte ouest de l’État américain. Fin août, l’ouragan Harvey a provoqué de très importants dégâts au Texas et en Louisiane. Rien qu’aux États-Unis, ces catastrophes pourraient avoir provoqué pour 300 milliards de dollars de dégâts, a estimé le service de météorologie privé Accuweather.

    300 milliards
    C’est le montant estimé des dégâts causés par les ouragans Harvey et Irma, rien qu’aux États-Unis
     

    Seule une partie des coûts sera couverte et il est trop tôt pour évaluer précisément la facture totale dont devront s’acquitter assureurs et réassureurs, selon la plupart des professionnels présents à Monaco. À lui seul, l’ouragan Harvey devrait se solder par une charge d’environ 30 milliards de dollars pour les assureurs, a estimé dimanche Munich Re. Le cabinet spécialisé AIR Worldwide a pour sa part chiffré entre 20 et 40 milliards de dollars les dégâts assurés aux Etats-Unis, ce qui classerait Irma au niveau de Sandy, qui avait touché New York en 2012.

     

    Dans une note sur l'ensemble du secteur, les analystes de Citi estiment «très probable que les bénéfices de l'année en cours seront balayés mais que les positions de solvabilité resteront étonnamment solides. Nous sommes moins confiants dans une amélioration des prix d'une ampleur comparable à celles observées dans le passé», peut-on lire dans un texte de l’agence Reuters.

     

    De son côté, l'agence de notation Standard Poor's estime que les ouragans Harvey et Irma «constituent pour l'instant un enjeu pour les résultats plus que pour les bilans».

     

    L’ampleur de ces ouragans risque de mettre sous pression un certain nombre de compagnies, déjà secouées par un contexte économique difficile.

     

    Le marché de la réassurance souffre depuis plusieurs années d’un environnement de taux bas qui limite les gains sur les sommes placées tandis que l’intense compétition au sein du secteur tire les tarifs vers le bas. D’un côté, « les catastrophes naturelles récentes vont doper la demande aux États-Unis, nous le voyons déjà, et faire remonter les tarifs de la réassurance » dans la région, mais « il est encore tôt pour dire si le marché mondial va suivre », a prévenu Munich Re.

     

    De nombreux dégâts et régions du monde ne sont toujours pas couverts par les assurances. De nouveaux risques aussi, avec la montée en puissance ces prochaines années du marché de la cyberassurance.

     

    L’écart entre les dégâts mondiaux et les pertes assurées en matière de catastrophes naturelles et événements climatiques représente jusqu’à 180 milliards de dollars, a estimé lundi le réassureur helvétique Swiss Re, signe de l’ampleur des risques et zones encore non couverts.













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