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    Ubisoft crée un nouveau studio à Saguenay et promet 1000 nouveaux emplois

    La multinationale compte investir 780 millions sur dix ans à travers le Québec

    La multinationale compte investir 780 millions sur dix ans dans la province.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La multinationale compte investir 780 millions sur dix ans dans la province.

    Ubisoft investira plus de 780 millions de dollars au cours des dix prochaines années au Québec, en créant notamment un nouveau studio dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et un autre dans une région qui reste à déterminer. Ce plan de développement, qui devrait permettre de créer 1000 nouveaux emplois dans la province, coûtera environ 160 millions de dollars en dépenses fiscales au gouvernement du Québec.

     

    Courtisée par de nombreuses régions québécoises, la multinationale du jeu vidéo a confirmé mardi que c’est à Saguenay qu’elle implantera son quatrième studio québécois, après ceux de Montréal (1997), de Québec (2005) et de Piedmont (2008). Ubisoft Saguenay devrait lancer ses activités en janvier prochain et permettre la création de 125 emplois au cours des cinq prochaines années, dont une trentaine dès 2018.

     

    Plan sur dix ans

     

    La mise sur pied de ce nouveau studio fait partie du projet « Horizon 2027 », décrit comme « le plus important plan de croissance de l’entreprise au Québec en 20 ans ». Ubisoft compte investir 135 millions de dollars au Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais également 140 millions à Québec (200 nouveaux emplois) et 505 millions supplémentaires à Montréal et dans la région qui accueillera un cinquième studio (675 nouveaux postes). À l’heure actuelle, la compagnie compte 3600 employés au Québec.

     

    L’entreprise, reconnue pour des titres à succès comme Splinter Cell, Prince of Persia et Assassin’s Creed, investira par ailleurs 13 millions de plus pour encourager la relève, la recherche universitaire appliquée et l’entrepreneuriat.

     

    « Je suis immensément fier de ce que nous avons bâti au Québec au cours des 20 dernières années, et je suis convaincu que les 10 prochaines années démontreront encore une fois notre engagement à créer, tous ensemble, de la valeur pour le Québec », a lancé le président-directeur général d’Ubisoft, Yves Guillemot, de passage à Saguenay mardi pour l’annonce.

     

    160 millions en crédits d’impôt

     

    Le premier ministre Philippe Couillard a salué les investissements d’Ubisoft, se réjouissant tout particulièrement de voir l’entreprise implanter un nouveau studio en région. « Où les gradués iraient-ils sans un développement semblable ? Ils quitteraient la région », a fait remarquer celui qui représente la circonscription de Roberval au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

     

    M. Couillard a estimé que les 1000 nouveaux emplois promis par Ubisoft coûteront environ 160 millions de dollars au Québec en dépenses fiscales, par l’entremise du crédit d’impôt pour la production de titres multimédias. Ce dernier rembourse jusqu’à 37,5 % de la dépense de main-d’oeuvre admissible.

     

    « C’est un investissement considérable. C’est un choix qu’on fait au lieu d’autres choix », a-t-il admis. À ses côtés, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a défendu ce crédit d’impôt, en soutenant qu’il ne s’agit pas d’une subvention, qu’il est disponible pour toutes les entreprises du secteur et que sa rentabilité « a été maintes fois démontrée ».

     

    « Qui va remettre ça en question quand c’est utilisé partout ? » a-t-il ajouté au sujet de la concurrence fiscale que se livrent les pays à travers la planète.

     

    En juin, le président et chef de la direction de l’entreprise montréalaise Stingray, Eric Boyko, a dénoncé le fait que des entreprises étrangères comme Ubisoft bénéficient de généreux crédits d’impôt alors que certaines compagnies québécoises peinent à recruter de la main-d’oeuvre qualifiée dont elles ont besoin.

     

    Se rendre aux talents

     

    Ubisoft a choisi le Saguenay–Lac-Saint-Jean pour son quatrième studio après onze mois de négociations, a indiqué mardi le maire de Saguenay, Jean Tremblay. Plusieurs régions étaient dans la course, y compris l’Estrie et la Montérégie, mais la sienne l’a emporté en faisant notamment valoir la présence de talents locaux. L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) offre un baccalauréat avec majeure en conception de jeux vidéo depuis 2005 et une maîtrise spécialisée en jeux vidéo depuis 2012.

     

    « Ubisoft est à la recherche de talents, observe le directeur du Centre de formation en technologies de l’information de l’Université de Sherbrooke, Claude Cardinal, qui a déjà collaboré avec la multinationale française. Le talent vieillit, le talent a des enfants et le talent veut faire autre chose que d’être pris dans une ville. Il y en a beaucoup pour qui la nature est un lieu de choix et Ubisoft a choisi d’aller là où les gens étaient. »

     

    Ressources limitées ?

     

    M. Cardinal, qui ne cache par l’intérêt de Sherbrooke pour le cinquième studio d’Ubisoft, précise que le choix du Saguenay peut être un « pari risqué » puisque le nombre de programmes pouvant fournir l’entreprise en talents est limité.

     

    « Je ne vois pas de problème », rétorque le directeur du Département d’informatique et de mathématique de l’UQAC, Yves Chiricota, en précisant que les deux programmes en jeux vidéo accueillent près de 120 nouveaux étudiants cet automne. « Il y aurait même de la place pour d’autres entreprises », dit-il.

     

    Il croit lui aussi que le studio Ubisoft Saguenay répondra aux besoins de plusieurs jeunes qui devaient jusqu’à maintenant quitter leur région à regret pour aller trouver du travail à Montréal ou à Québec.


    Plan d’Ubisoft au Québec d’ici 2027 Saguenay 135 millions $, 125 emplois

    Québec 140 millions $, 200 emplois

    Montréal et un cinquième studio à venir : 505 millions $, 675 emplois












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