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    Perspectives

    Carburer à l’emploi

    L’année 2016 a été exceptionnelle pour l’emploi au Québec, et 2017 semble vouloir obtenir le même qualificatif. Le Québec pourrait même dominer au classement canadien des augmentations salariales l’an prochain, pronostique le cabinet Morneau Shepell. Il faut y voir un retour à une certaine normalité sur fond de rattrapage après ces années d’austérité budgétaire obsessive.


    La création d’emplois au Québec reprend un rythme plus conforme à la croissance économique sous-jacente. Même en 2016, qui s’est avérée être l’une des meilleures années en dix ans, avait souligné l’Institut du Québec (IQ), les gains nets ont été enregistrés, pour l’essentiel, à partir du deuxième semestre. D’aucuns y voyaient un rattrapage après les six premiers mois subissant les reliquats de deux exercices budgétaires mis sous l’angle de l’austérité.

     

    Le budget 2016-2017 du ministre des Finances Carlos Leitão se voulait un exercice de transition après cette réingénierie des dépenses de l’État. Le gouvernement Couillard venait alors d’essuyer les doléances des analystes l’accusant d’agir trop rapidement, voire d’aller trop loin dans son obsession du déficit zéro, l’austérité appliquée amputant une activité économique peinant déjà à se remettre de la Grande Récession, dénonçaient-ils. En desserrant le frein, en laissant l’économie récupérer après les compressions et les ménages absorber la hausse des taxes et de tarifs, la croissance a retrouvé une certaine erre d’aller.

     

    En 2016, l’économie québécoise a créé 89 500 emplois, principalement à temps plein et dans le secteur privé. Le taux de chômage a été ramené à un creux historique de 6,2 % et le taux d’emploi atteignait les 83 % chez les 25-54 ans, a mis en exergue l’IQ. Le rattrapage était spectaculaire, le marché du travail québécois affichant une perte nette de 2800 postes au cours des sept premiers mois de l’année.

     

    L’élan se poursuit en 2017. Après sept mois, le taux de chômage, à 5,8 %, établit un nouveau record depuis 1976. À la fin du premier semestre, le taux de chômage de longue durée (27 semaines et plus) était en repli de 0,3 point de pourcentage, à 1,1 %, de 0,1 point à 0,7 % pour celui de 52 semaines ou plus, retrouve-t-on dans les données d’Emploi Québec.

     

    De nouvelles marques ont également été inscrites en juillet, tant au chapitre de l’emploi que dans l’emploi à temps plein. L’emploi est en hausse de 38 800 depuis décembre, avec des gains de 24 400 postes dans le temps plein, de 14 400 dans le temps partiel, de 3,2 % dans le secteur des biens et de 0,4 % dans celui des services.

     

    Sur 12 mois, en comparant les sept premiers mois de 2017 à ceux de 2016, le Québec a créé plus d’emplois qu’en Ontario et son taux de chômage moyen, à 6,2 %, passait sous celui de 6,3 % de notre voisin.

     

    La rémunération a suivi, émergeant de plusieurs années de stagnation en termes réels. Le salaire horaire médian à la fin du premier semestre se chiffrait à 21,61 $, en hausse de 3,1 % par rapport au premier semestre de 2016. Et le cabinet Morneau Shepell d’anticiper, à partir des résultats d’un sondage, que le Québec devrait enregistrer les plus fortes augmentations salariales en 2018 pour une deuxième année de suite. Les employeurs québécois prévoient de hausser le salaire de leurs travailleurs de 2,6 % l’an prochain, contre 2,3 % à l’échelle canadienne. Pour cette année, la hausse au Québec est de 2,4 %, contre 2,2 % dans le reste du Canada.

     

    Quant à l’état des finances publiques, le surplus pour l’exercice ayant pris fin en mars atteignait les 2,5 milliards, selon les données préliminaires, dix fois plus élevé que celui de 250 millions inscrit au budget, l’essentiel ayant été versé au Fonds des générations. La hausse prévue de 3,8 % des dépenses de programme n’aura été que de 3 %.

     

    Dans son dernier budget, le ministre Leitão table sur l’équilibre pour cette année et pour l’an prochain. Mais il prévoit de verser 2,5 milliards au Fonds des générations au terme du présent exercice, 2,8 milliards en 2018-2019.

     

    Finalement, tout va bien pour tout le monde !













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