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    Hydro-Québec se prépare à la révolution de l’énergie solaire

    Selon Éric Martel, ce n’est qu’une question de temps avant que la production d’énergie par les particuliers devienne monnaie courante dans la province.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon Éric Martel, ce n’est qu’une question de temps avant que la production d’énergie par les particuliers devienne monnaie courante dans la province.

    Le Québec ne sera pas épargné par la vague de l’énergie solaire, constate le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel. D’ici quelques années, des milliers de Québécois produiront de l’électricité grâce à leurs propres panneaux solaires, prédit-il, ce qui obligera la société d’État à changer radicalement ses façons de faire.

     

    Prenant la parole mardi lors de la Conférence de Montréal, le grand patron d’Hydro-Québec s’est montré pragmatique. Même si le Québec peut produire de l’hydroélectricité en abondance et à bas coûts, ce n’est qu’une question de temps avant que la production d’énergie par les particuliers, une tendance qui gagne du terrain à travers le monde, devienne monnaie courante dans la province.

     

    « Malgré notre position de choix […] il y a une transformation importante qui est en train d’arriver dans la relation avec les clients en matière d’énergie », a lancé M. Martel devant le parterre de leaders internationaux et de gens d’affaires.

     

    « Plutôt que de seulement pousser de l’énergie au client, on va éventuellement être en relation avec lui pour acheter son énergie. Ça amène un paquet de questionnements », a-t-il ajouté, précisant que la société d’État cherche le bon modèle d’affaires pour tenir compte de cette nouvelle relation « bidirectionnelle ».

     

    Prix concurrentiels

     

    Pour le moment, les coûts d’installation des panneaux solaires sont généralement trop élevés pour permettre de rentabiliser l’investissement, mais puisque ces coûts diminuent d’année en année, Hydro-Québec prévoit que le prix de l’énergie solaire produite localement rivalisera avec celui de l’hydroélectricité distribuée sur son réseau à partir de 2024.

     

    « Éventuellement, on pense que les deux vont se croiser. Ce n’est pas juste une question économique. C’est peut-être pour des questions de principe que les gens vont vouloir produire une partie de leur énergie », fait remarquer M. Martel.

     

    Cette nouvelle donne pourrait placer Hydro-Québec dans une position délicate, note-t-il : si les clients produisent davantage d’énergie solaire chez eux, mais que les infrastructures de transport demeurent les mêmes, les tarifs d’électricité d’Hydro-Québec vont augmenter. Et plus les tarifs d’électricité vont augmenter, plus les clients vont vouloir se tourner vers l’autoproduction d’énergie solaire.

     

    « Il y a donc une nécessité d’intégrer l’énergie [produite par les clients] au réseau grâce à la digitalisation », a insisté le p.-d.g., en référence au concept de réseau électrique intelligent, ou « smart grid ». « Sinon, ça pourrait avoir des conséquences financières. »

     

    Premiers pas

     

    L’intégration d’énergie solaire produite localement au réseau d’Hydro-Québec se fait déjà depuis 10 ans, mais de manière pour l’instant limitée. Entre 2007 et 2016, le nombre de clients d’Hydro-Québec qui sont devenus des autoproducteurs d’énergie solaire est passé de 3 à 103. La société d’État n’a pas fait de projections à long terme, mais elle prévoit malgré tout une forte augmentation de la quantité d’autoproducteurs dans les années à venir.

     

    Les consommateurs qui décident de retourner leurs surplus sur le réseau d’Hydro-Québec ne sont pas payés directement. Ils reçoivent plutôt un crédit pour recevoir de l’électricité de la société d’État lorsqu’ils en ont besoin.

     

    Depuis l’hiver dernier, Hydro-Québec teste d’ailleurs à Shawinigan un ensemble de technologies dans une « maison intelligente » : des panneaux solaires, des objets connectés, ou encore des batteries pour stocker de l’énergie. L’objectif est notamment d’évaluer les occasions d’affaires, indique le porte-parole Marc-Antoine Pouliot.

     

    « Toutes les options sont sur la table », dit-il, y compris la construction de toits photovoltaïques, comme l’a laissé entendre Éric Martel en janvier dernier en entrevue au Journal de Montréal, en marge du forum économique de Davos.

    Montréal-Toronto en 39 minutes? Rob Lloyd, le chef de la direction d’Hyperloop One, a fait écarquiller bien des yeux mercredi en présentant tout le potentiel de la technologie que son entreprise propose : un système de transport du futur, qui permettrait d’atteindre toutes les grandes villes d’Amérique du Nord en six heures ou moins et de voyager entre Montréal et Toronto en 39 minutes. L’Hyperloop, dont le concept a d’abord été imaginé par le grand patron de Tesla, Elon Musk, doit permettre aux passagers de voyager à 1200 km/h dans une capsule se déplaçant dans un tube à faible pression. M. Lloyd a indiqué que la production de son premier Hyperloop est prévue « dans les prochaines semaines ». « Nous serons très fiers de montrer à la planète que notre technologie fonctionne, et de travailler avec les gouvernements, les autorités réglementaires et les investisseurs pour bâtir des projets qui vont avoir un énorme impact », a-t-il conclu.












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