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    Desjardins

    Guy Cormier se fait l’apôtre de la «prospérité partagée»

    Le patron de l’institution veut malgré tout poursuivre la restructuration

    De passage lundi à la tribune du Cercle canadien de Montréal, le grand patron de Desjardins a appelé la communauté des affaires à revoir ses pratiques.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De passage lundi à la tribune du Cercle canadien de Montréal, le grand patron de Desjardins a appelé la communauté des affaires à revoir ses pratiques.

    Le président-directeur général du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, croit que la recherche du profit à tout prix doit cesser et que les gens d’affaires doivent « aplanir les inégalités » en misant sur une « prospérité partagée ». Ce qui ne l’empêchera pas de poursuivre ses efforts pour accroître l’efficacité de l’institution financière.

     

    De passage lundi à la tribune du Cercle canadien de Montréal, le grand patron de Desjardins a appelé la communauté des affaires à revoir ses pratiques. « Le capitalisme à outrance nous a montré ses limites. La recherche du profit à court terme nous entraîne dans une fuite en avant insoutenable sur une longue période », a-t-il déclaré.

     

    « On ne peut plus continuer comme ça, a ajouté celui qui vient de souligner son premier anniversaire à la tête de Desjardins. On ne peut plus s’en remettre à la seule loi du marché, au laisser-faire ou aux trickle-down economics. Parce que la richesse, ça ne percole pas automatiquement jusqu’au bas de la pyramide des revenus. »

     

    Selon M. Cormier, il est urgent que les gens d’affaires et le monde financier fassent « jouer les mécanismes de la solidarité sociale pour aplanir les inégalités », sans quoi le cynisme va s’accentuer, donnant le champ libre aux adeptes du « repli sur soi ».

    La recherche du profit à court terme nous entraîne dans une fuite en avant insoutenable
    Guy Cormier, PDG du Mouvement Desjardins
     

    Décisions à venir

     

    Le PDG estime que ce message livré devant le parterre de gens d’affaires est tout à fait compatible avec la restructuration qu’il a entamée l’été dernier. Il a alors éliminé 83 postes de directeurs et 28 postes de vice-présidents, et il procède actuellement à une revue complète des activités de Desjardins pour réduire les coûts.

     

    « Gérer une institution comme le Mouvement Desjardins, c’est une question d’équilibre, a dit M. Cormier. Nous ne sommes pas sur une île déserte où tous les Québécois font affaire avec nous dans une situation de monopole. Si le Mouvement Desjardins est encore dans les affaires après 117 ans, c’est parce qu’il s’est toujours adapté. »

     

    Plusieurs décisions seront prises à partir de septembre et au cours des deux années suivantes « pour revoir nos façons de faire, pour être meilleurs pour nos membres et nos clients », a-t-il précisé.

     

    Les 150 mises à pied en Ontario annoncées vendredi par Desjardins pour éviter des dédoublements de fonctions en sont un exemple, a ajouté le dirigeant. Entre 120 et 125 de ces postes seront transférés au Québec.

     

    « L’objectif, c’est de bien traiter nos employés, d’avoir une relation optimale avec eux, a soutenu M. Cormier en point de presse.Je suis convaincu qu’on peut bien servir nos membres, bien servir nos employés, mais aussi gérer notre entreprise de façon efficiente. »

     

    Repenser la ristourne

     

    La restructuration du Mouvement Desjardins s’accompagnera d’une révision du calcul de la ristourne. Une proposition à ce sujet devrait être déposée à l’automne au congrès du Mouvement Desjardins.

     

    « La ristourne est là pour rester, et le message clé, c’est que plus vous faites affaire avec votre caisse […], meilleure sera la ristourne pour vous », a indiqué Guy Cormier lundi.

     

    Depuis son entrée en poste, le patron de Desjardins a évoqué l’idée de calculer la ristourne en tenant compte du volume d’affaires d’une personne auprès de sa caisse, mais aussi du nombre de produits détenus.

     

    En 2016, les ristournes versées aux membres ont atteint 144 millions de dollars, en baisse par rapport aux 154 millions de 2015 et aux 217 millions de 2014.

     

    Moins de points de service

     

    Pour ce qui est des 1030 points de service que compte actuellement Desjardins, leur nombre devrait continuer de diminuer, admet M. Cormier. Chaque année, entre 30 et 70 points de services sont fermés ou transformés, et ce rythme devrait se maintenir, a-t-il dit.

     

    « On va prendre le temps de regarder comment les gens utilisent nos guichets automatiques, nos points de service, et on va évoluer dans le temps, s’il y a lieu, a-t-il indiqué, en rappelant que le tiers des points de service de Desjardins sont situés dans des municipalités de moins de 2000 habitants. Il n’y a pas un concurrent au Québec qui a ça. »













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