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    France

    Macron rencontre syndicats et patronat

    Le président s’est lancé dans l’épineux dossier de la réforme du Code du travail

    24 mai 2017 | Actualités économiques
    Eloi Rouyer - Agence France-Presse à Paris
    Jean-Philippe Chognot - Agence France-Presse
    Le président français, Emmanuel Macron (à gauche), a rencontré mardi à l’Élysée Philippe Louis (à droite), le président de la CFTC, l’un des syndicats les plus puissants dans le pays.
    Photo: Philippe Wojazer Agence France-Presse/pool Le président français, Emmanuel Macron (à gauche), a rencontré mardi à l’Élysée Philippe Louis (à droite), le président de la CFTC, l’un des syndicats les plus puissants dans le pays.

    Le président français, Emmanuel Macron, a lancé mardi la délicate réforme du Code du travail, son premier grand chantier, en rencontrant syndicats et patronat, auxquels il a donné des précisions de calendrier, sans rien dévoiler sur le fond.

     

    Le chef de l’État veut assouplir rapidement le droit du travail en utilisant la procédure accélérée des ordonnances qui permettent de se dispenser de longs débats parlementaires. Selon la CPME, représentant les petites et moyennes entreprises, M. Macron a annoncé une grande concertation jusqu’à la mi-juin. La loi ratifiant les ordonnances surviendrait en septembre.

     

    Ce calendrier resserré est de nature à satisfaire les responsables patronaux qui demandent des réformes rapides. « La réforme du marché du travail doit aller vite, c’est essentiel pour la confiance de déverrouiller le marché du travail », ce qui permettrait d’améliorer les chiffres du chômage, a martelé Pierre Gattaz, le responsable de la principale organisation patronale, le Medef. Le chômage est endémique en France depuis de nombreuses années et, bien qu’en voie d’amélioration, il atteint toujours 9,6 % de la population active.

     

    Mobilisation syndicale ?

     

    À l’inverse, les projets du chef de l’État inquiètent les syndicats de salariés, qui s’étaient massivement mobilisés l’année dernière contre la loi assouplissant déjà la réglementation française du travail, sous la présidence du socialiste François Hollande.

     

    Reçus tour à tour par le président, les leaders des syndicats de salariés ont mis en garde contre une réforme menée au pas de charge. Pas question pour eux que le dialogue social passe à la trappe pour réformer le Code du travail, moins d’un an après une réforme dite « El Khomri », du nom de la ministre du Travail d’alors, qui avait donné lieu à six mois de contestation ponctués de 13 journées de grève et de manifestations, souvent émaillées de violences.

     

    Pour éviter un nouveau conflit, Laurent Berger, à la tête du syndicat réformiste CFDT, a redemandé au président « que la méthode ne soit pas à la hussarde » et laisse « le temps suffisant à la nécessaire concertation ».

     

    « J’ai demandé de ne pas sortir d’ordonnances pendant le mois d’août, d’attendre septembre, que les gens soient rentrés de vacances », a aussi dit le président de la CFTC, Philippe Louis. Les organisations de salariés s’inquiètent de nouveaux reculs des droits, même si le contenu des réformes n’a pas été précisé.

     

    Les propositions devraient reprendre les promesses du candidat Macron, avec pour objectif essentiel de libérer l’activité des entreprises. Il s’agit ainsi de privilégier le niveau de l’entreprise, et non plus celui plus contraignant des branches d’activité, pour décider de la plupart des règles de droit du travail, une philosophie qui renforcerait, selon ses détracteurs, le « dumping social » entre entreprises.

     

    Indemnités en jeu

     

    L’intention est aussi de plafonner les indemnités touchées par les salariés dans certains cas de licenciement abusif, une mesure ardemment souhaitée par le patronat, mais un casus belli pour les syndicats. Le chef de l’État veut en outre réformer la représentation du personnel dans l’entreprise.

     

    Le calendrier des réformes et la méthode des discussions seront discutés avec le premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui rencontreront les partenaires sociaux mercredi et lundi.

     

    Dans tous les cas, M. Macron entend rester ferme sur la question des ordonnances. « Son agenda social et ses convictions ont été largement exprimés au cours de la campagne, les Français et les syndicats savent de quoi il retourne », a souligné la présidence.

     

    Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a mis en garde les syndicats contre toute épreuve de force. « On n’a pas le droit de bloquer la France quand on n’est pas d’accord avec telle ou telle mesure, surtout quand elle était au coeur du projet présidentiel d’Emmanuel Macron », a déclaré M. Castaner.

     

    « Un ministre, il dit ce qu’il veut. Les salariés, ils font ce qu’ils veulent », lui a rétorqué Philippe Martinez, de la CGT (centrale syndicale aux positions souvent plus radicales), critique, lui aussi, de la méthode des ordonnances.













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