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    Plainte de Boeing contre Bombardier: les États-Unis enquêteront

    19 mai 2017 |Alexander Panetta - La Presse canadienne | Actualités économiques
    La vente de CSeries au rabais à Delta Air Lines est au cœur du conflit.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La vente de CSeries au rabais à Delta Air Lines est au cœur du conflit.

    Washington — La prochaine dispute commerciale canado-américaine a pris forme jeudi lors d’une audience à Washington et du début d’une enquête sur les allégations de Boeing affirmant que Bombardier a bénéficié d’avantages injustes pour vendre ses avions CSeries au sud de la frontière.

     

    Selon le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, le processus vise à déterminer si les règles américaines ont été violées. « Bien que nous nous assurerons de prendre une décision basée sur les faits, nous allons […] nous tenir debout pour les compagnies américaines et leurs travailleurs », a-t-il souligné, par voie de communiqué, après que les deux entreprises eurent participé à l’audience de la Commission du commerce international des États-Unis (ITC).

     

    Boeing souhaite l’imposition de droits compensatoires sur les avions de Bombardier, alléguant que son rival québécois profite de subventions gouvernementales lui procurant un avantage indu à l’international. Bombardier a clairement fait part de son objectif d’accaparer la moitié du marché international dans le secteur des avions de 100 à 150 places, a affirmé l’avionneur américain établi à Chicago devant l’ITC.

     

    Son vice-président, Raymond Conner, a affirmé que la vente de 75 CSeries au rabais à Delta Air Lines l’an dernier avait permis à Bombardier de se donner un élan sur ce marché. Si l’entreprise québécoise devait atteindre cet objectif, a-t-il ajouté, cela pourrait éjecter Boeing de ce marché, privant du même coup l’entreprise de ventes annuelles estimées à 330 millions $US.

     

    Les ventes de Boeing ont totalisé 94,6 milliards $US l’an dernier. Les 330 millions $US évoqués par M. Conner représentent près d’un tiers de 1 % du chiffre d’affaires annuel de la compagnie. En comparaison, Bombardier a généré des recettes de 16,3 milliards l’an dernier, dont 9,9 milliards en provenance de sa division aéronautique.

     

    Pour sa part, l’avocat de Bombardier, Peter Lichtenbaum, a répliqué en affirmant que Boeing est un joueur mondial qui n’a pas vu ses ventes s’effriter à cause de Bombardier et que l’entreprise a un carnet de commandes « enviable ». « La plainte de Boeing dans ce cas-ci est sans précédent dans son dépassement, a-t-il dit. S’il s’agit d’un scénario qui oppose David à Goliath, Boeing a décroché le mauvais rôle. »

     

    M. Lichtenbaum a affirmé que la CSeries était un avion plus petit que les Boeing 737-800 et Max 8, qui représentent près de la moitié des avions monocouloirs de Boeing.

     

    Boeing demande un droit compensatoire d’au moins 79,41 % ainsi qu’un autre droit antidumping de 79,82 %. Le constructeur américain allègue que Bombardier a reçu plus de 3 milliards $US en subventions gouvernementales jusqu’à présent.

    Partenariat chinois Par ailleurs, Bombardier discuterait avec la société d’État chinoise Comac pour une éventuelle prise de participation dans la division des avions commerciaux de l’entreprise québécoise, selon le Financial Times. Citant des sources, le média britannique affirme que les pourparlers ont débuté il y a déjà un certain temps, mais qu’une décision n’était pas imminente dans ce dossier. D’après le quotidien britannique, Comac aurait retenu les services d’au moins une banque en vue d’un éventuel investissement dans le programme de la CSeries. Bombardier et Comac n’ont pas voulu commenter ces informations.












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