Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    L’autopartage en Chine, une aubaine pour les constructeurs

    19 avril 2017 | Dan Martin - Agence France-Presse à Shanghai | Actualités économiques
    Une vue du trafic à Pékin
    Photo: Greg Baker Agence France-Presse Une vue du trafic à Pékin

    Faute de s’offrir sa propre auto, l’étudiant shanghaïen Long Yi connaît les joies de l’autopartage via un réseau de véhicules quadrillant la ville : pour les constructeurs, l’essor rapide de telles solutions en Chine est une occasion de varier les débouchés de leurs voitures électriques.


    Long Yi, 20 ans, était condamné à d’interminables trajets dans des transports en commun bondés pour se rendre en cours. Désormais, il prend le volant jusqu’à son université en utilisant son « EV Card », du nom du service mis en place par le constructeur chinois SAIC Motor à Shanghai.

     

    Une flotte de voitures électriques compactes a ainsi été installée à travers la métropole, ainsi qu’une constellation de stations : Long Yi y recourt en dépensant 50 yuans (9 dollars canadiens) par course, soit le quart de ce que lui coûterait le même trajet en taxi.

    C’est moins cher, plus pratique et d’une extrême souplesse, si bien que j’en fais mon mode de transport favori dès que je sors
    Long Yi, étudiant shanghaïen

    À l’heure où le marché automobile chinois commence à se tasser et où Pékin intensifie la pression pour accroître les ventes de véhicules propres via d’ambitieux quotas, l’essor des systèmes d’autopartage aiguise la convoitise des constructeurs.

     

    Parmi les groupes automobiles réunis cette semaine au Salon de Shanghai, l’autopartage fait figure de relais de croissance dans un paysage économique et réglementaire en pleine mutation.

     

    Face à des systèmes d’autopartage établis de longue date dans les villes américaines et européennes, les stations de voitures « en commun » n’ont fait leur apparition en Chine que ces deux dernières années.

     

    Dans la foulée du récent engouement pour les vélos partagés, l’autopartage séduit les jeunes urbains accros du smartphone, ravis de pouvoir localiser et déverrouiller une voiture à proximité via une application.

     

    « Énorme potentiel »

     

    Plusieurs dizaines d’entreprises chinoises et occidentales, dont les constructeurs allemands Volkswagen et Daimler, ont déjà investi dans des systèmes d’autopartage, souvent avec des véhicules adaptés spécialement à cet usage.

     

    Les flottes ne représentent certes que quelques dizaines de milliers d’unités : une goutte d’eau dans un marché chinois où ont été vendues l’an dernier 24 millions de voitures particulières.

     

    Mais le « potentiel est énorme », insiste le cabinet Roland Berger dans un récent rapport, prédisant une croissance de 45 % par an.

     

    « Nous devons écouler tous ces véhicules propres » dont la production va s’accroître considérablement sous les effets de la pression gouvernementale, commente Jochem Heizmann, patron de Volkswagen en Chine.

     

    « Or le développement de ces flottes d’autopartage offre un débouché supplémentaire », a-t-il indiqué mardi. Le groupe allemand s’apprête à s’allier à l’opérateur chinois de voitures partagées Shouqi.

     

    De son côté, le jeune constructeur Lynk Co, filiale du chinois Geely, intègre à ses véhicules des fonctionnalités conçues d’emblée pour « faciliter le partage » entre plusieurs conducteurs.

     

    « Au fil du temps, ce type de services va prendre une ampleur croissante, au point d’influencer la façon dont les voitures sont faites », par exemple avec la connectivité à Internet, juge Bill Russo, directeur du cabinet shanghaïen Gao Feng Advisory.

     

    Obstacles à l’achat

     

    Autre facteur favorable : les autorités, confrontées à des métropoles polluées et engorgées, soutiennent ces initiatives via des incitations financières, des assouplissements réglementaires ou des emplacements de stationnement.

     

    Enfin, les restrictions drastiques limitant les immatriculations dans une dizaine de villes et le coût des places de parking constituent des obstacles parfois prohibitifs à l’achat d’un véhicule pour de nombreux Chinois.

     

    « Nombre de familles de la classe moyenne ont les moyens de s’offrir une deuxième voiture, mais y renoncent en raison des complications » et pourraient se tourner vers l’autopartage, observe Johan Karlberg, analyste de Roland Berger.

     

    D’ici à 2020, on pourrait compter 195 millions de voitures individuelles immatriculées en Chine pour 355 millions de titulaires du permis de conduire, selon Roland Berger. De quoi gonfler les rangs des usagers potentiels de voitures partagées.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.