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    Mort de David Rockefeller, dernier des «grands» Rockefeller

    21 mars 2017 | Catherine Triomphe - Agence France-Presse à New York | Actualités économiques
    David Rockefeller à Paris en 2006 lors du lancement de ses «Mémoires»
    Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse David Rockefeller à Paris en 2006 lors du lancement de ses «Mémoires»

    David Rockefeller, puissant banquier, philanthrope et plus influent héritier de l’une des plus puissantes dynasties américaines, est mort lundi matin à l’âge de 101 ans.

     

    Né le 12 juin 1915, dernier d’une famille de six, David Rockefeller était le dernier des petits-enfants du fondateur de la dynastie, l’industriel John Rockefeller : c’est lui qui fit fortune en fondant au XIXe siècle la compagnie pétrolière Standard Oil et inaugura un philanthropisme qui ferait du nom Rockefeller l’un des plus célèbres au monde.

     

    Fidèle à l’image de sa famille, David Rockefeller était riche, milliardaire comme son légendaire grand-père, avec quatre résidences aux États-Unis, dont celle de Pocantico Hills, qui surplombait la rivière Hudson, où il est décédé « dans son sommeil » lundi matin, selon un porte-parole. Le dernier classement des milliardaires publié lundi par Forbes évaluait sa fortune à 3,3 milliards de dollars américains, le plaçant au 581e rang mondial.

     

    Influence considérable

     

    Philanthrope lui aussi, avec parmi les principaux bénéficiaires de sa générosité l’Université Harvard, le Museum of Modern Art que sa mère avait fondé, ou encore le Council on Foreign Relations qu’il dirigea pendant 15 ans, il était le dernier des descendants des Rockefeller à jouir d’une influence considérable sur la scène américaine.

     

    Après avoir décroché son premier diplôme à Harvard en 1936 et un doctorat en économie à l’Université de Chicago en 1940, il s’engage dans l’armée américaine et combattra pendant la guerre en Afrique du Nord et en France, ce qui lui vaudra la Légion d’honneur en 1945.

     

    En 1946, il entre au service international de ce qui était alors la Chase National Bank. Il deviendra vice-président en 1949, puis président en 1961 de Chase, qu’il dirigera jusqu’en 1980, devenant l’une des figures les plus en vue du monde des affaires américaines.

     

    Grand voyageur, ayant rencontré plus de 200 chefs d’État dans près de 100 pays, selon sa biographie officielle, il en fera l’un des établissements américains les mieux représentés à l’étranger. Chase fut ainsi la première banque à ouvrir des bureaux en Russie puis en Chine continentale.

     

    Les sirènes de la politique

     

    Deux présidents, le républicain Richard Nixon et le démocrate Jimmy Carter, lui proposeront le poste de secrétaire au Trésor, rappelait lundi le New York Times. Il a décliné à deux reprises, préférant ignorer les sirènes de la politique, contrairement à son frère Nelson, mort en 1979, qui fut longtemps gouverneur de New York et brièvement vice-président de Gerald Ford.

     

    Son influence tenait en partie à sa défense d’un capitalisme « éclairé ». Tout en vantant un « capitalisme américain qui a apporté plus de bénéfices à plus de gens que n’importe quel autre système de l’histoire mondiale », il appelait aussi les entreprises à la responsabilité sociale, et les riches à payer leurs impôts.

     

    Il poussa notamment Chase à aider la ville de New York à sortir de la crise fiscale qui l’avait ruinée dans les années 1970.

     

    Philanthrope

     

    Reprenant le flambeau allumé par son grand-père puis porté par son père, David Rockefeller embrassa lui aussi rapidement la philanthropie.

     

    Selon la légende, dès leur plus jeune âge, les enfants Rockefeller devaient économiser une partie de leur argent de poche pour des oeuvres caritatives.

     

    Parmi ses dons les plus importants : 25 millions de dollars pour Harvard en 1994. En 2005, pour son 90e anniversaire, il promet 5 millions de dollars par an au MoMa. Et pour son 100e anniversaire, il donna plus de 400 hectares à un parc national de l’État du Maine, à la nature préservée qu’il affectionnait, et où il avait une résidence.

     

    Il s’était aussi engagé à verser de grosses sommes après sa mort, qui devraient maintenant être débloquées : le MoMA, l’Université Rockefeller et Harvard devraient recevoir quelque 100 millions de dollars chacun, selon le magazine spécialisé Inside Philanthropy.

     

    Il était lui-même détenteur d’une impressionnante collection, avec quelque 15 000 pièces, dont beaucoup de tableaux de maîtres, dont certains ornaient ses bureaux du Rockefeller Center, selon le New York Times.

     

    L’aura de David Rockefeller tenait aussi à sa longévité. À 90 ans passés, il voyageait encore régulièrement à l’étranger.

     

    « Il est resté actif jusqu’au dernier moment », a souligné son porte-parole, Fraser Seitel, qui travaillait avec lui depuis 1970. « Il vivait chaque jour au maximum », a-t-il ajouté.

     

    Avec sa femme Margaret, décédée en 1996, David Rockefeller avait eu six enfants, puis dix petits-enfants et dix arrière-petits-enfants. Mais aucun de ses descendants n’a pour l’instant « atteint sa stature », soulignait le New York Times.













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