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    Le Diamant de Robert Lepage sous toutes ses facettes

    Les plans témoignent du souci d’inscrire la salle dans la trame historique de la ville de Québec, explique Robert Lepage

    11 octobre 2017 | Simon Lambert - Collaborateur à Québec | Théâtre
    Le Diamant récupère la façade du YMCA de la place D’Youville.
    Photo: Coarchitecture / in situ / Jacques Plante Architectes Le Diamant récupère la façade du YMCA de la place D’Youville.

    Le metteur en scène Robert Lepage dévoilait mardi des images inédites du futur Diamant, dont la livraison est maintenant prévue pour le printemps 2019. Dans une posture de conférencier qui rappelait celle adoptée dans son récent 887, l’homme de théâtre a présenté les plans du « lieu de diffusion culturelle » qui s’élèvera dans l’ancienne bâtisse du YMCA, place D’Youville à Québec, et qui pourrait présenter son premier spectacle fin printemps 2019.

     

    Pour un projet qui, depuis l’annonce en 2012 de la participation financière de Québec, a subi les contrecoups des décisions politiques et des humeurs publiques, cette annonce marquait un saut dans l’avenir. « C’est un moment important, évoquait Robert Lepage, parce qu’il y a beaucoup d’éléments qu’on connaissait depuis longtemps, mais on ne pouvait pas révéler grand-chose, on ne pouvaitpas encore donner d’image finale de ce que serait le projet. »

     

    Sa présentation, qui puisait largement dans le passé comme a pu le faire Le moulin à images, témoignait d’un souci visible d’inscrire la nouvelle salle de spectacle dans la trame historique de la ville (voir encadré). C’est en ce sens que l’immense caisson en verre qui constituera l’enveloppe du bâtiment — du consortium Coarchitecture, in situ, Jacques Plante architecte et BPR, et Tetra Tech ing. — a été incliné pour rejoindre la ligne tracée par la côte d’Abraham, laquelle menait jadis sans entrave de la basse-ville à la porte Saint-Jean.

     

    Le bois et le béton ont été pris pour thèmes récurrents dans une tentative plus large d’allier les matériaux nobles et industriels, le traditionnel et le contemporain, « toujours dans un respect de la tradition », dixit Lepage. Un choix dans lequel s’inscrira l’ancienne façade du YMCA complètement restaurée.

     

    Nouveau créneau

     

    Le Diamant, qui accueillera entre autres les créations et le répertoire d’Ex Machina, se veut un espace pluridisciplinaire pouvant recevoir également toutes sortes de collaborations et de formes scéniques, théâtre aussi bien que cirque et opéra. La salle principale « à géométrie variable » aura tout ce qu’il faut pour accueillir un orchestre standard. Elle sera aussi complètement modulable — notamment en bifrontale, ce que ne permettait plus la salle Octave-Crémazie rénovée.

     

    Avec cette offre, l’équipe du Diamant souhaite attirer des productions inédites et des « événements à grand déploiement, dans un contexte intimiste ». Le metteur en scène estime que la jauge de 625 places — les salles Octave-Crémazie et Louis-Fréchette du Grand Théâtre en comptent respectivement 510 et 885 — permettra d’exploiter un créneau inexistant à Québec, et de devenir pour les visiteurs une vitrine du savoir-faire d’ici.

     

    Avec des institutions comme le Palais Montcalm et le Capitole, ou des événements comme le Festival d’été, le futur ancien locataire de la caserne Dalhousie espère maintenant que Le Diamant contribuera au processus incomplet de revitalisation du « centre-ville historique » et au projet, plus vaste, de transformation de la place D’Youville en « petit Quartier des spectacles ».

    Revitaliser la place D’Youville Le YMCA de la place D’Youville, dont Le Diamant récupérera l’emplacement et la façade, a été bâti en 1879 selon des plans de l’architecte Joseph-Fernand Peachy, à qui on doit notamment l’église Saint-Jean-Baptiste. Avec l’avènement du tramway qui devait suivre à la fin du siècle, la place D’Youville était appelée à devenir un point central de la ville. Les années 1930 ont suivi avec la construction du Monument national — aujourd’hui Palais Montcalm —, qui abritera l’orchestre symphonique de Québec. L’arrivée du cinéma de Paris à la fin des années 1940, puis du Carnaval au cours de la décennie suivante concourra à la vivacité de ce carrefour, reconnu dans les années 1960 pour ses tavernes et bars clandestins rythmant la vie culturelle de la capitale.

    Les années 1970, avec l’apparition de nouveaux médias, l’aménagement des Cineplex dans les banlieues et la création du Grand Théâtre, où s’installera notamment l’OSQ, amèneront toutefois une dévitalisation de ce centre, décentralisation qui laissera la place D’Youville pratiquement déserte pendant deux décennies.

    Plus récemment, les années 1990 ont cependant vu un regain d’activité de cet espace, avec la rénovation du Capitole et du Palais Montcalm. Le Diamant, référence souhaitée au cap sur lequel s’est érigée la ville, est à inscrire dans ce mouvement de revitalisation du centre-ville historique.












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