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    Zoofest

    Coco Belliveau, l’humoriste multiple

    17 juillet 2017 | Marie Labrecque - Collaboratrice | Théâtre
    D’abord formée en théâtre, avant son déménagement à Montréal afin de s’inscrire à l’École nationale de l’humour, Coco Belliveau aime raconter des histoires sur scène. Assumant son «petit côté weirdo», elle donne aussi parfois dans «l’humour d’observation absurde».
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir D’abord formée en théâtre, avant son déménagement à Montréal afin de s’inscrire à l’École nationale de l’humour, Coco Belliveau aime raconter des histoires sur scène. Assumant son «petit côté weirdo», elle donne aussi parfois dans «l’humour d’observation absurde».

    Si vous fréquentez le Zoofest cette année, les probabilités que vous ratiez Coco Belliveau sont minces. L’humoriste de 25 ans y prend part à tant de spectacles qu’elle doit consulter son cellulaire pour en retrouver la liste exhaustive : L’Acadie Show, Les épatantes aventures radio-romanesques, Le gala des féministes, Le show des MILFs, le Franglos Comedy Show, Le show XXX« très en dehors de ma zone de confort », etc. En comptant les quatre où elle est présente tous les soirs et ceux auxquels elle ne participe qu’une fois, onze au total ! « Je pense que je ne suis pas capable de dire non ! » rigole-t-elle.

     

    Cet éclectisme est surtout une belle occasion de montrer les multiples facettes d’une artiste « parfois tough, parfois tellement vulnérable », sans la réduire à une étiquette. « Tous les humoristes ont leur petite niche, qu’on peut définir en une phrase. Pour moi, souvent on dit “l’Acadienne”, mais je trouve ça tellement vague ! C’est comme dire que quelqu’un fait de l’humour québécois, c’est rien dire… »

     

    D’abord formée en théâtre, avant son déménagement à Montréal afin de s’inscrire à l’École nationale de l’humour, Coco Belliveau aime raconter des histoires sur scène. Assumant son « petit côté weirdo », elle donne aussi parfois dans « l’humour d’observation absurde ». « Plusieurs diraient aussi que je suis un peu trash, mais je ne pense pas être d’accord. Je suis plus trash dans la vie que sur scène. Je n’ai pas envie de faire rire les gens en abaissant les choses. L’idée, c’est plutôt qu’ils se sentent bien. » Elle s’y emploie surtout en partant de situations négatives, comme la mort de son père, qu’elle retourne ensuite de bord par l’humour. « J’essaie de me tenir loin de la méchanceté ou de la vulgarité purement gratuites. Je n’ai pas envie de dire des choses juste pour choquer, j’ai envie de dire des choses pour une raison. »

     

    Dans Le gala des féministes, qu’elle anime, Coco Belliveau décortique ainsi « en profondeur » une agression sexuelle qu’elle a subie. Un événement qu’elle semble désormais capable de relativiser : « Ça arrive à une femme sur trois au Québec. J’ai été choquée pendant longtemps. En plus, ça s’est passé à Montréal, la première année où je suis arrivée. Mais finalement, j’ai got over it. Et j’ai écrit un numéro parce que je savais que ça ferait du bien aux gens. »

     

    Longtemps, elle a évité les sujets trop « féminins » dans son stand-up, parce qu’elle ne voulait pas être réduite à son sexe, à « une fille qui fait de l’humour ». « Je pense que je commence à être plus active dans mon féminisme. D’autant plus que je suis souvent dans des lieux où il y a beaucoup d’hommes, des salles d’écriture ou des bars. Je fais davantage face au sexisme du métier. » Elle n’a plus peur de dénoncer le sexisme ordinaire quand elle le voit. Que ce soit la perpétuation d’un stéréotype ou le simple fait qu’une femme prend plus de temps à faire ses preuves qu’un comique mâle. Un sexisme qui peut être « si petit parfois et tellement dur à voir ! Mais qui se produit si souvent que là je commence à pouvoir mettre mon doigt dessus ».

     

    J’ai cassé ma mère

     

    La costaude Coco Belliveau a elle-même dû combattre une conception stéréotypée de la féminité en grandissant. Dans Le show des MILFs (acronyme défini par le Zoofest comme « mère indigne, légendaire et fucking drôle »), elle parle notamment du modèle transmis par sa mère, qui insistait sur l’importance d’être mince. « Elle est toute petite, alors que mon père est un gros grand monsieur. Mes soeurs et moi ressemblons toutes à lui, ce qui l’a vraiment choquée pendant longtemps », explique l’humoriste dans un récit entrecoupé de nombreux éclats de rire. Voué à l’échec (« on est faites fortes ! »), l’objectif minceur a connu son Waterloo définitif avec le refus de la troisième fille, Coco. « Moi, j’ai cassé ma mère. Je l’ai tellement épuisée qu’elle a abandonné. Ma mère et moi, on ne s’est jamais comprises. Mais on le sait et c’est ce qui rend la relation le fun. »

     

    Dans ce spectacle consacré aux humoristes mères, l’humoriste a été invitée à partager un point de vue opposé : celui d’une femme qui ne désire pas enfanter. Pour l’instant du moins. « Ce n’est pas une obligation et ça ne va pas combler quelque chose qui me manque. » Coco Belliveau n’a pas craint d’aller loin dans ses arguments. « Sûrement que les mères vont me huer ! » blague-t-elle.

     

    Mais ainsi que le constatent beaucoup de femmes épuisées de cumuler toutes les fonctions, le temps n’est pas extensible à l’infini. « Il faut être tellement de choses. Et en plus, mère ! Ça sonne toujours égoïste, et je trouve ça plate, mais moi, je veux du temps libre. Je ne voudrais pas manquer de temps pour les autres choses que je désire faire. »

     

    Ce qui pour l’heure signifie se diriger tranquillement vers le one-woman-show, et écrire une websérie avec l’ambition avouée de plus tard créer une télésérie. « Et éventuellement je vais aller au gym, maigrir de 50 livres et pouvoir faire de la télé ! » ironise-t-elle…

    Le gala des féministes / Le show des MILFs
    Avec Léa Stréliski, Vincent Descôteaux, Coco Belliveau et Colin Boudrias, le 19 juillet, et du 27 au 29 juillet, au Cabaret du 4e au Monument-National / Avec Nadine Massie, Marie-C. Lachance, Gabrielle Caron, Anna Beaupré Moulounda et Coco Belliveau. Invitées : Silvi Tourigny, Mélanie Couture, Émilie Ouellette, Léa Stréliski et Mathilde Laurier Du 17 au 21 juillet, au Café Cléopâtre












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