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    De la tolérance entre les religions

    Éric-Emmanuel Schmitt revient dans un Québec post-attentat et monte sur scène pour sa pièce «Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran», au TNM

    22 février 2017 |Caroline Montpetit | Théâtre
    En entrevue, Éric-Emmanuel Schmitt dit qu’il a toujours admiré le Québec «pour son culte de la tolérance et sa capacité de faire vivre des gens qui ont des histoires différentes».
    Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En entrevue, Éric-Emmanuel Schmitt dit qu’il a toujours admiré le Québec «pour son culte de la tolérance et sa capacité de faire vivre des gens qui ont des histoires différentes».

    L’auteur Éric-Emmanuel Schmitt a été « sidéré » lorsqu’il a appris qu’un attentat avait fait six morts et cinq blessés dans une mosquée de Québec. Le Québec est « le dernier pays où je m’attendais » à ce qu’un tel événement survienne, dit-il.

     

    Éric-Emmanuel Schmitt reprend au Théâtre du Nouveau Monde, jusqu’au 5 mars, sa pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, adaptée du roman du même nom. C’est une pièce qui appelle au bon voisinage, à la tolérance et à la solidarité.

     

    Présentée l’an dernier à la salle Pierre-Mercure, puis en tournée à travers le Québec, la pièce de Schmitt remplace in extremis Novecento : pianiste, d’Alessandro Baricco, dans la programmation du TNM, cette dernière pièce ayant dû être annulée à cause d’une blessure de l’acteur André Dussollier. Mais elle arrive à point nommé dans le Québec post-attentat qui panse ses plaies.

     

    En entrevue, Éric-Emmanuel Schmitt dit qu’il a toujours admiré le Québec « pour son culte de la tolérance et sa capacité de faire vivre des gens qui ont des histoires différentes ». Il reste que l’attentat de Québec lui a fait toucher « une vérité essentielle », dit-il, « c’est que la tolérance n’est pas un état, c’est un but auquel on n’est jamais arrivé. La tolérance n’est donc pas un résultat mais une exigence ».

     

    Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran raconte l’histoire de Momo, un enfant juif qui vit dans un quartier défavorisé de Paris, et de sa relation avec un épicier musulman, Monsieur Ibrahim.

     

    Éric-Emmanuel Schmitt a écrit cette pièce en 1999, dans un contexte d’indifférence et d’ignorance relatives par rapport à l’islam. « Aujourd’hui, explique-t-il, notre rapport à l’islam est un rapport d’inquiétude, de peur, voire de haine. Il est encore plus important de dire : “Attention ! Ne confondez pas tout. N’assimilez pas la manière de croire des soufistes et des salafistes.” »

     

    Selon lui, tous les livres sacrés peuvent générer « une lecture vers le haut ou vers le bas. On peut faire la même chose avec la Bible ». Il dit que c’est la lecture qu’on en fait qui donne vie au livre.

     

    C’est Éric-Emmanuel Schmitt lui-même qui joue le rôle solo de la pièce. En fait, Éric-Emmanuel Schmitt est d’abord monté sur scène pour remplacer un acteur qui avait un empêchement. Séduit par l’expérience, il a continué de porter la pièce.

     

    Dans un contexte de turbulences et de tensions religieuses, sa pièce, qui connaît un grand succès depuis ses débuts, demeure très populaire. Mais l’auteur français n’a pas pour autant l’intention de devenir un « auteur-acteur ambulant ». Il est présentement en train d’écrire un recueil de nouvelles sur le thème du pardon. Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran fait partie d’un cycle de trois romans dans lesquels Éric-Emmanuel Schmitt explore les religions monothéistes.

    Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
    Texte et interprétation : Éric-Emmanuel Schmitt. Au TNM jusqu’au 5 mars.












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