Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    La croisade d’Alexandre Taillefer

    Son documentaire «Bye» met en lumière les enjeux de la santé mentale, de la cyberdépendance et du suicide

    29 novembre 2017 |Philippe Papineau | Télévision
    Le documentaire «Bye» montre Alexandre Taillefer à la fois à la recherche d’explications pour le suicide de son fils et en croisade pour que les enjeux de santé mentale remontent à la surface.
    Photo: Radio-Canada Le documentaire «Bye» montre Alexandre Taillefer à la fois à la recherche d’explications pour le suicide de son fils et en croisade pour que les enjeux de santé mentale remontent à la surface.

    Deux ans presque jour pour jour après la mort de son fils Thomas, qui s’est enlevé la vie à l’âge de 14 ans, l’homme d’affaires et patron de presse Alexandre Taillefer sera le 5 décembre au centre du documentaire Bye, qui se penche sur le suicide et sur les enjeux de santé mentale au Québec. Pour l’occasion, Radio-Canada a décidé de diffuser la production sur plusieurs de ses plateformes.

     

    « Bye », c’est le seul mot qu’a laissé Thomas sur son écran d’ordinateur avant de se tuer par balle le 6 décembre 2015. Le jeune adolescent souffrait de cyberdépendance et, malgré le fait que la famille Taillefer ait cherché de l’aide, aucun des spécialistes consultés n’a su les mettre en garde contre le danger qui planait.

     

    Le documentaire montre Alexandre Taillefer à la fois à la recherche d’explications pour le suicide de son fils et en croisade pour que les enjeux de santé mentale remontent à la surface.

     

    « C’est vraiment la quête d’un père », explique le producteur Jean-Philippe Dion, qui mène aussi les entrevues de la production. Oui, Taillefer s’y met en scène et est très conscient du résultat recherché lorsque questionné, mais il se révèle surtout ému, touchant, choqué et impliqué.

     

    Mardi matin, après la diffusion de Bye pour la presse, M. Taillefer, les yeux rougis, a laissé filer un long soupir rempli d’émotion avant de répondre aux questions. « C’est très dur de voir ça. C’est la troisième ou quatrième fois que je le vois et ça vient toujours me chercher. Mais je pense que ce qu’il faut tirer comme conclusion, […] c’est qu’on n’alloue pas les efforts requis au niveau de la santé mentale. »

     

    Il le martèle devant les médias et le dit aussi dans Bye, il manque de ressources pour aider, guider, traiter les Québécois qui ont des soucis psychologiques. Le documentaire avance que 2 % du budget de la Santé va à la santé mentale, ce que M. Taillefer déplore.

    Il faut comprendre que ce qui se passe dans notre tête, c’est aussi important que ce qui se passe physiquement
    Alexandre Taillefer
     

    « L’enjeu, c’est le 1,2 million de personnes anxieuses, dépressives, qui vont créer des problèmes autour d’elles, qui ne seront pas fonctionnelles dans notre société, dit M. Taillefer. Il faut comprendre que ce qui se passe dans notre tête, c’est aussi important que ce qui se passe physiquement. »

     

    Cyberdépendance

     

    Bye s’ouvre dans l’ancienne maison des Taillefer, où la famille ne vit plus depuis le suicide de Thomas. La caméra est timide, reste en dehors de la chambre du garçon et ne descend pas l’escalier menant à l’ordinateur, source ou déclencheur du geste fatal.

     

    Thomas, raconte son père, était de plus en plus accro au jeu vidéo. C’est sur la plateforme Twitch, une sorte de Facebook live du jeu en ligne, qu’il avait exprimé sa détresse — restée sans réponse —, et non pas à ses proches.

     

    La production s’attarde donc beaucoup à la cyberdépendance. Alexandre Taillefer se rend d’ailleurs dans un salon de jeu en ligne, interpelle les jeunes présents, ouvre le dialogue avec eux. L’homme d’affaires va aussi à la rencontre de Loïc, 17 ans, qui sort d’une thérapie de deux mois au centre Le grand chemin, spécialisé dans les dépendances diverses.

     

    Toutes ces démarches amènent Alexandre Taillefer à Québec, devant le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à qui il présente quelques extraits de Bye et qui, devant les caméras, se montre sensible au sujet. Mais chose certaine pour M. Taillefer, « ça ne bougera pas s’il n’y a pas de volonté populaire et que les gouvernements n’y voient pas, malheureusement, une dimension politique ».

     

    « Je pense que ça fait partie du mandat de Radio-Canada de faire ce genre d’émission », a expliqué Dominique Chaloult, directrice de la télévision de Radio-Canada. « C’est une oeuvre utile et, pour nous, c’est extrêmement important de donner plusieurs fenêtres pour que ça atteigne le plus de gens possible. »

     

    Pour l’occasion, la société d’État diffusera Bye sur plusieurs plateformes. Le mardi 5 décembre à 21 h, le documentaire sera diffusé à la télé, mais aussi sur la page Facebook de la chaîne et simultanément à ICI Première. Et à 22 h, Catherine Perrin sera en onde — et sur Facebook — pour animer une table ronde pour continuer la réflexion.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.