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    Télévision

    En souvenir du «Gros Bill»

    Jean Béliveau raconté dans la première série de fiction d’Historia

    18 mars 2017 |Jean Dion | Télévision
    Pierre-Yves Cardinal est criant de vérité dans le rôle de Jean Béliveau.
    Photo: Historia Pierre-Yves Cardinal est criant de vérité dans le rôle de Jean Béliveau.

    Jean Béliveau fut sans l’ombre d’un quelconque doute l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du hockey. Il était aussi un gentilhomme, sans cesse tourné vers les autres ; il faudrait chercher très longtemps pour trouver quelqu’un qui aurait du mal à dire de lui, et pareille quête ferait probablement chou blanc. Il s’agit d’un horrible cliché, mais le personnage était plus grand nature. Quand on avait le privilège de le côtoyer, on se sentait immanquablement submergé.

     

    De là à ce qu’une télésérie consacrée au numéro 4 soit réalisée un peu plus de deux ans après sa mort, en décembre 2014, il n’y avait qu’un pas. Un grand pas certes, étant donné un budget de 1 million pour chacun des cinq épisodes de la série, mais qui a été franchi avec succès.

     

    Premier élément qui saute aux yeux : la distribution parfaite signée Marjolaine Lachance, de la maison Balustrade. Pierre-Yves Cardinal (Béliveau lui-même), Madeleine Péloquin (sa femme, Élise), Patrice Bélanger (Bernard « Boom Boom » Geoffrion), Bruno Marcil (Maurice Richard, intense au point d’être désagréable), Frédéric Blanchette (Émile « Butch » Bouchard), Stéphane Crête (René Lecavalier) et tous les autres, y compris les dirigeants anglophones du Canadien de Montréal, sont tous criants de vérité.

     

    L’histoire s’étend de 1950 à 1971, soit pendant la carrière de hockeyeur chez les juniors et chez les professionnels du « Gros Bill ». Au sujet de ce sobriquet, anecdote intéressante évoquée dans le document : on savait que l’homme était grand et costaud et que son nom de famille commençait par « Bél. », mais s’il a hérité de ce surnom, c’est qu’en 1949 est sorti un film intitulé Le Gros Bill. Tout simplement.

     

    Le récit s’amorce à Québec, où Béliveau, au début des années 1950, porte les couleurs des Citadelles dans les rangs juniors. Il entretient une certaine rivalité avec Geoffrion, qui joue pour le National de Montréal, rivalité qui se transformera en complicité lorsque les deux hommes se retrouveront dans la même équipe. Il fait la rencontre d’Élise Couture, la femme de sa vie, qu’il demande en mariage.

     

    Pendant un bon bout de temps, Béliveau se fera tirer l’oreille par le Canadien pour qu’il se joigne à lui, un comportement plutôt rare à une époque où les dirigeants d’équipe menaient le monde et où la négociation était pour ainsi dire inexistante. Il intégrera finalement le CH pour de bon lors de la saison 1953-1954, après avoir à maintes reprises montré sa loyauté aux As, un club senior, et à la ville de Québec, où il était immensément populaire et remplissait presque à lui seul le Colisée, et posé ses conditions à la formation montréalaise.

     

    La reconstitution d’époque, notamment l’équipement de hockey, vaut le détour : on se sent vraiment dans les années 1950 et 1960. Il y a bien un très bref anachronisme : alors qu’il est escorté hors de la patinoire après avoir subi une blessure, Béliveau passe devant un logo de Canadian Tire dessiné sur la glace, à une époque où il n’y avait pas de publicité sur la surface ou les bandes et où l’emblème de l’entreprise était autre. Mais c’est un détail furtif, comme l’est le fait que Doug Harvey tienne à un moment donné son bâton avec la palette du côté droit alors que le défenseur étoile était gaucher.

     

    Béliveau utilise le procédé intéressant d’intégrer des images d’archives au contenu. Ainsi, on peut voir tant Bruno Marcil que le vrai Maurice Richard livrer une allocution pour annoncer sa retraite en 1960. Les similarités se révèlent étonnantes.

     

    Gagnant de 10 Coupes Stanley avec le Canadien comme joueur — seul Henri Richard en compte davantage que lui, avec 11 —, Jean Béliveau a été le capitaine du Tricolore de 1961 jusqu’à sa retraite. Mais si on conserve le souvenir d’une carrière illustre où tout semblait facile pour le gars de 6 pieds 3 pouces qui dépassait en taille pratiquement tous ses adversaires, la télésérie vient rappeler que le parcours a souvent été dur, et que de nombreuses blessures l’ont émaillé. On assiste d’ailleurs à un résumé de sa vie alors qu’une Élise Béliveau plus âgée (Patricia Nolin), assise seule dans les gradins d’un amphithéâtre, vient épisodiquement, en aparté, se pencher sur le passé.

     

    Produit par Corus Média et Historia, Béliveau est une réalisation de François Gingras, à qui on doit notamment Fortier, Casino et Trauma. Les textes sont signés Jacques Savoie, déjà auteur de Les Lavigueur, la vraie histoire, entre autres.

    Béliveau
    Historia, mercredi, 22 h












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