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    Lucas Debargue, un pianiste entier à découvrir

    Le Français offre Schubert au disque, Messiaen à Québec et Ravel à Montréal

    14 novembre 2017 |Christophe Huss | Musique
    Pianiste de formation atypique, qui avait arrêté le piano entre 16 et 19 ans, Lucas Debargue est avant tout un interprète et un penseur de la musique.
    Photo: Felix Broede Sony Music Pianiste de formation atypique, qui avait arrêté le piano entre 16 et 19 ans, Lucas Debargue est avant tout un interprète et un penseur de la musique.

    Dans moins d’un mois, le pianiste français Lucas Debargue fera enfin ses débuts au Québec. Un nouveau disque associant Schubert et Szymanowski confirme la trempe particulière de celui qui fit sensation au dernier Concours Tchaïkovski.

     

    Je ne me souviens plus d’un tel buzz lors d’un concours musical, depuis 1980 et « l’affaire Pogorelich » à Varsovie. Lucas Debargue fut classé 4e du Concours Tchaïkovski 2015, mais qui se souvient encore des noms des trois premiers ? À l’époque, Valery Gergiev en personne s’était fendu d’une invitation spéciale à Debargue pour le convier au gala au Mariinsky, honneur réservé aux lauréats.

     

    C’est Show One, à qui l’on doit le concert Gergiev de samedi dernier, qui fera venir Lucas Debargue à la Maison symphonique de Montréal le samedi 9 décembre prochain pour un récital Scarlatti, Chopin et Ravel, s’achevant par Gaspard de la nuit, qui a forgé, à Moscou, la légende de ce pianiste pas comme les autres. Debargue sera quelques jours auparavant à Québec pour jouer le Quatuor pour la fin du temps de Messiaen lors d’un concert mené par la violoniste Janine Jansen, qui a réuni autour d’elle le clarinettiste Martin Fröst et le violoncelliste Torleif Thedéen. Deux concerts précieux et hautement recommandés.

     

    Pianiste de formation atypique, qui avait arrêté le piano entre 16 et 19 ans, Lucas Debargue est avant tout un interprète et un penseur de la musique. Il le prouve dans son dernier disque, qui vient de paraître chez Sony début novembre. La quasi-continuité entre la Sonate en la majeur D. 664 de Schubert et la 2e Sonate de Szymanowski, il l’a souhaitée : « C’est un peu provocateur, mais je voulais ce voyage », dit au Devoir le pianiste qui se réjouit pour l’occasion « qu’il n’y ait pas comme au concert cet horrible entracte » avec « petits fours et coupes de champagne ».

     

    À chacun le loisir d’appuyer sur le bouton pause. Cependant « le disque permet de créer un flux » justifié par « l’association de la tonalité des pièces », mais aussi par « une mise en perspective ». Debargue reconnaît qu’il « n’est pas évident pour tout le monde de rapprocher Schubert et Szymanowski », mais il ne transige pas : « Ce n’est pas du tout arbitraire. C’est un choix très sensible, mais je n’ai pas forcément envie de me justifier par rapport à cela, car j’ai envie que chacun puisse penser et tirer ses propres conclusions. »

     

    Ce pianiste entier est à découvrir bientôt sur nos terres.

    Lucas Debargue












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