Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Critique concert

    Vasily Petrenko, le plaisir de diriger

    12 octobre 2017 |Christophe Huss | Musique
    Le chef d'orchestre Vasily Petrenko
    Photo: Mark McNulty IMG Artists Le chef d'orchestre Vasily Petrenko

    Le titre du concert de la semaine ne manque pas d’une certaine ironie, vu que la vedette en est évidemment le chef Vasily Petrenko, que d’aucuns voyaient déjà en successeur de Kent Nagano à peine avait-il mis le pied à Montréal pour la première fois, en 2012.

     

    Ce concert-ci sera donc particulièrement scruté, et c’est peu dire que l’administration artistique, comme habitée d’une singulière prémonition, a déroulé à l’aspirant un tapis rouge hors-norme, deux des oeuvres au programme étant archi-rodées, car tirées du programme des deux dernières tournées.

     

    Au menu, le gendre idéal aligne quatre pièces de résistance, genre Big Mac avec extra-bacon et extra-fromage ! Le répertoire fait penser à Charles Dutoit : du franco-russe, après des tests semi-concluants dans le répertoire allemand.

     

    Ce qui frappe chez Petrenko, c’est le plaisir de diriger, l’instinct du chef, la netteté du geste. C’est aussi le sens de la couleur, saisissant au début du 3e mouvement de La mer. Il y a aussi de très louables choses dans Le poème de l’extase et notamment une grande intégrité vis-à-vis d’une partition que les plus grands Russes (Svetlanov) ont tripatouillée. Vasily est plus respectueux de Scriabine que son homonyme Kirill Petrenko, qui a copié en douce des idées de Svetlanov pour impressionner le Philharmonique de Berlin (ça a marché !).

     

    Du point de vue de la direction, Le poème de l’extase avec son exaltation et ses multiples revirements a été le sommet de la soirée. Vasily Petrenko le connaît sur le bout des doigts, puisqu’il l’a enregistré, ce qui est d’ailleurs aussi le cas du 3e Concerto de Prokofiev, dans lequel Charles Richard-Hamelin a fait très forte impression en adoptant un tempo très vif dans les mouvements 1 et 3, tout en gardant une grande netteté de trait.

     

    Le pianiste québécois a préservé également une haute tenue esthétique contrairement à Lang Lang, qui se vautrait ici même dans des digressions énamourées. Et par rapport à Trifonov, qui avait joué ce concerto en tournée avec Nagano, l’étoile de Charles Richard-Hamelin pâlissait à peine. Il y a vraiment matière à ce que Yannick Nézet-Séguin s’intéresse de très près à ce jeune soliste québécois et se mette à le promouvoir internationalement avec autant d’ardeur qu’il le fait pour le violoncelliste Stéphane Tétreault.

     

    L’enjeu « d’évaluation » de Vasily Petrenko lors de ce concert tient évidemment à la musique française. De ce test, je sors convaincu à 50 %. En ce qui concerne les couleurs, oui. Pour ce qui est de la souplesse, de la respiration, de la liberté et des rapports entre les tempos, par exemple dans le 2e mouvement de La mer, je pense qu’il reste pas mal de choses à mûrir.

     

    Vasily Petrenko va avoir un orchestre en Amérique du Nord : je n’ai aucune crainte pour lui. De bien plus huppés que l’OSM l’adorent. Y a-t-il adéquation entre Montréal et ce chef-ci ? Des gens sont payés pour le dire…

    Charles Richard-Hamelin et la musique russe
    Ravel : Ma mère l’oye (suite). Scriabine : Le poème de l’extase. Prokofiev : Concerto pour piano n° 3. Debussy : La mer. Charles Richard-Hamelin (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Vasily Petrenko. Maison symphonique de Montréal, mercredi 11 octobre 2017. Reprises samedi et dimanche.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.