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    Wadada Leo Smith est consacré trompettiste de l’année par «Down Beat»

    12 août 2017 | Serge Truffaut - Collaborateur | Musique
    Wadada Leo Smith incline fortement vers le free jazz et la musique contemporaine.
    Photo: Tom Beetz CC Wikimedia Wadada Leo Smith incline fortement vers le free jazz et la musique contemporaine.

    C’est la saison des palmes, des récompenses, la saison des champions. À la surprise générale, le trompettiste et compositeur Wadada Leo Smith a été sacré artiste de l’année, devant Charles Lloyd, trompettiste de l’année et auteur du meilleur disque de l’année, soit America’s National Park paru sur l’étiquette CuneiformRecords.

     

    La surprise ? Les critiques de jazz réunis aux quatre coins de la planète, et qui année après année sont invités par le mensuel Down Beat à se prononcer et à voter, ont choisi cette année un musicien inclinant fortement vers le free jazz et la musique contemporaine. En un mot comme en mille, l’oeuvre de Smith est à la fois austère et méditative.

     

    Son parcours, son long parcours, est bien évidemment à l’image de ses affections esthétiques. À preuve : ses fréquentations. À ce que l’on sache, il n’a jamais occupé la scène aux côtés des cadors du jazz, mais toujours aux côtés de ceux qui s’appliquent à décaper nos neurones. La plus emblématique de ses fréquentations reste Anthony Braxton, avec qui il a collaboré dès 1970. Qui d’autre ? Les pianistes Anthony Davis et Mathew Shipp, les saxophonistes Oliver Lake et David Murray, le compositeur et chef d’orchestre Butch Morris et le touche-à-tout de génie qu’est John Zorn. Voilà pour Wadada Leo Smith.

     

    Dans la catégorie disques, les critiques ont accordé leurs votes, dans l’ordre, à Old Locks and Irregular Verbsd’Henry Threadgill, à Sunday Night at The Vanguard du pianiste Fred Hersch, à In Movement du trio DeJohnette-Coltrane-Garrison, à Lovers du guitariste Nels Clines et à Holding the Stage : Road Shows Vol. 4 de Sonny Rollins.

     

    L’iconoclaste Don Cherry a été élu (Yes !) au Temple de la renommée devant Anthony Braxton et Charles Lloyd. On a eu la mauvaise surprise de constater que ni le pianiste Jaki Byard, réputé notamment pour son immense science musicale, ni le saxophoniste Hank Mobley, réputé pour avoir été au coeur de l’explosion du hard-bop, ni Oliver Nelson, réputé pour ses talents d’arrangeur et de compositeur, n’ont encore été élus.

     

    La palme de l’album historique de l’année est allée à Bill Evans pour Some Other Time, The Lost Session from The Black Forest sur l’étiquette Resonance, devant Miles Davis pour Freedom Jazz Dance : The Bootleg Series sur Sony/Legacy, Count Basie et Lester Young pour Classic 1936-1947 Studio Sessions sur Mosaic, Keith Jarrett pour A Multitude of Angels sur ECM et Sun Ra pour Singles : The Definitive 45s Collection Vol.1, 1952-1961.

     

    Le groupe de l’année ? Charles Lloyd et The Marvels, devant DeJohnette-Coltrane-Garrison, The Cookers, le Fred Herch Trio et le Wayne Shooter Quartet. Lloyd a également été nommé meilleur saxophoniste ténor, suivi de Joe Lovano, de Donny McCaslin et de Waybe Shorter. Le big-band ? Le Maria Schneider Orchestra, devant la Darcy James Argue’s Secret Society, Carla Bley With Charlie Haden’s Libération Orchestra et le Jazz at Lincoln Center Orchestra.

     

    Kenny Barron a doublé Hersch, Brad Meldhau, Craig Taborn et Vijay Iyer dans la catégorie piano. À la trompette derrière Leo Smith on retrouve Ambrose Akinmusire, Tom Harrell et Ingrid Jensen. Quoi d’autre ? The Blues, The Whole Blues and Nothing But the Blues de David Bromberg a récolté la palme du meilleur album de blues, devant Fantasizing about Being Black d’Otis Taylor. Voilà pour l’essentiel de ce 65e référendum organisé par Down Beat.


     

    Intéressant. S’agissant de la brève consacrée dans une chronique récente à des bandes enregistrées par Thelonious Monk pour les besoins du film Les liaisons dangereuses de Roger Vadim, un lecteur très attentif nous a envoyé un message pour nous signaler que l’étiquette Sam Records Saga les avait publiées en Europe. Et alors ? Dans la brève en question, on avait souligné que l’étiquette américaine Resonance avait présidé notamment au nettoyage et au mixage des bandes. Après vérification, c’est bel et bien à cette dernière que les propriétaires français de ces dernières avaient confié l’opération évoquée. Reste ceci à élucider : est-ce que Resonance aura le mandat de distribution, sous licence évidemment, en Amérique du Nord ? En attendant, mille fois merci au lecteur de Terrebonne.


     

    Joe Fields, producteur et fondateur des étiquettes Muse, High Note et Savant, est décédé le 12 juillet dernier. Il avait 88 ans. Les albums que le saxophoniste Teddy Edwards avait enregistrés pour Muse avaient permis à ce dernier de connaître un second et long souffle. Idem pour Houston Person, David Fathead Newman et Frank Morgan, mais sur l’étiquette High Note.













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