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    Festival Orientalys

    Yacine & The Oriental Groove: Alger, Barcelone et la Méditerranée

    12 août 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Yacine The Oriental Groove recherche la Méditerranée également dans la musique.
    Photo: Orientalys Yacine The Oriental Groove recherche la Méditerranée également dans la musique.

    Au festival Orientalys, Yacine & The Oriental Groove fut assurément la révélation de 2013. Avec son mélange de chaâbi algérois et de rumba catalane, de mélodies orientales et de rythmes nord-africains, avec une touche de reggae et de rock, le groupe de Barcelone revient ce samedi au quai de l’Horloge du Vieux-Port de Montréal pour offrir Mediterranean Clash, un troisième disque qui révèle un réel intérêt pour une Méditerranée ouverte en cette période d’explosion migratoire.

     

    « En comparaison avec nos deux premiers albums, on a essayé de revendiquer cette Méditerranée positive qui nous a apporté tellement », affirme Yacine Belahcene Benet, le chanteur de l’Oriental Groove. « Cette même Méditerranée est en train de se convertir en cimetière. On n’a qu’à regarder tout ce qui se passe avec les migrants qui essaient de traverser. On essaie de revendiquer cette facilité de mouvement parce que, sinon, il se passe ce qui est en train de se passer : des morts et des gens qui se jettent dans la mer. »

     

    Cette Méditerranée, Yacine & The Oriental Groove la recherche également dans la musique, alors que le répertoire permet de faire le tour de la grande bleue, du Moyen-Orient au Maghreb. Les deux leaders du groupe incarnent bien le phénomène : Yacine Belahcene, qui est né de père algérien et de mère catalane, chante dans les deux langues alors que Yannis Papaioannou vient de Thessalonique. Il a électrifié son oud et intègre souvent des cordes orientales à sa musique. « Il est le directeur artistique, il a fait l’école classique de l’oud et a aussi cette influence grecque. Il est la moitié de la sonorité des chansons », explique l’autre meneur de la formation.

     

    Esprit d’ouverture

     

    Au début du millénaire, on l’a connu avec Cheb Balowski, un excellent band de musique aux allures débridées, qui était au centre d’un fabuleux mouvement de métissage à Barcelone, dont la compilation Barcelona Raval Sessions avait dévoilé plusieurs secrets. Les Ojos de Brujo, Dusminget et d’autres avaient fait les beaux jours d’une ville qui s’affirmait par son esprit d’ouverture et, depuis ce temps, plusieurs ont établi des comparaisons entre Montréal et la capitale catalane. Cela tient-il la route, selon Yacine Belahcene ?

     

    « Oui et non. C’est vrai que, pendant des années, il y avait des musiciens partout et plein de locaux pour répéter. Dans les locaux, tu trouvais des musiciens qui venaient de partout et c’est vrai qu’il y a eu un mix, mais il a duré très peu de temps. Ça n’a pas tenu parce que les grands labels se sont approprié ce mouvement. Et pendant ces années, il y a eu un modèle touristique hyperspéculatif. C’est horrible, c’est devenu impossible de louer pour les gens de Barcelone. Même moi, je suis rendu à une trentaine de kilomètres à l’extérieur. Par contre, il est vrai que Barcelone demeure une ville plus ouverte qu’ailleurs en Europe, même si le racisme y existe comme partout et que, avec tout ce qui se passe avec le terrorisme, il y a beaucoup de stigmatisation. »

     

    Le choc méditerranéen traverse les villes et anime donc le troisième disque de l’Oriental Groove : « Dans Barcelona Sona, on parle de notre ville qui est devenue celle d’Airbnb. Dans Monstres Sota el LLit, on parle de vie meilleure. Ce qu’on veut, c’est de vivre avec le maximum de respect pour les différentes cultures. On revendique aussi l’authenticité des villes. La mondialisation a fait qu’il n’y a plus de grandes différences entre les villes. »

     

    Musicalement, l’Oriental Groove intègre parfois les cordes orientales avec sensibilité : « On ne veut pas mélanger pour mélanger. On essaie de donner une sonorité sérieuse », affirme Yacine. Ce qui n’empêche pas la danse.

    Également à voir à Orientalys Nicolas Pellerin et Les Grands Hurleurs

    On prévoit un spectacle-rencontre entre l’excellent groupe trad et Abdelhack Benmejbari, le leader du groupe Grooz et porteur de la tradition gnawa. On connaît l’ouverture des Grands Hurleurs pour ce genre de rencontre.

    Cheb Anouar

    « L’enfant prodige de Tlemcen » est un authentique artiste qui a tout connu du raï depuis les années 1970: l’aventure du pop-raï et l’époque où les islamistes faisaient la chasse aux chanteurs de raï.
    Le festival Orientalys
    Au quai de l’Horloge du Vieux-Port de Montréal du 10 au 13 août. Yacine The Oriental Groove sur la scène TD, samedi 12 août à 19 h 30.












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