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    Las Cafeteras: histoires d’Amérique

    17 juillet 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Las Cafeteras s’inspirent du son jarocho, la musique des tavernas de Veracruz, mais aussi parfois de la musique traditionnelle américaine.
    Photo: Rafael Cardenas Las Cafeteras s’inspirent du son jarocho, la musique des tavernas de Veracruz, mais aussi parfois de la musique traditionnelle américaine.

    Du East L.A. latino, Las Cafeteras chantent et disent l’histoire, ou plutôt les histoires, les passages et les saveurs de la vie. Leurs parents ou grands-parents ont passé la ligne d’El Norte et ils se sentent entre deux cultures. Dans Tastes Like LA, leur disque paru au printemps, ils s’inspirent du son jarocho mexicain et de Woody Guthrie, du hip-hop et du r b, du norteño et du reggae. À la suite de quelques passages remarqués au Québec dans les dernières années, voici à nouveau les six musiciens ce mardi au parterre du Quartier des spectacles pour la clôture de la première journée d’une programmation extérieure qui se termine dimanche aux Nuits d’Afrique.

     

    Juin 2015. On remarque le caractère très vivant de leur prestation, leurs chansons d’amour à la lune, leurs chants à répondre, leurs joyeuses relances, leur conte historique et leur façon de lancer des petits cris, de danser le zapateado, de se rappeler sept générations en arrière. Mais une surprise nous attendait : le multi-instrumentiste Daniel Jesus French s’est adressé à la foule en mohawk.

     

    Le Devoir l’a joint au téléphone. « Je suis né à Los Angeles, mais ma famille du côté de mon père vient de Kahnawake. Pour les Nuits d’Afrique, nous allons essayer de faire monter quelques artistes de la communauté sur la scène. » Et quelle est l’importance de la langue mohawk dans le répertoire du groupe ? « Elle se fait entendre davantage en spectacle. Par exemple, lorsque nous interprétons This Land Is Your land de Guthrie en concert, nous utilisons la langue. »

     

    Las Cafeteras s’inspirent du son jarocho, la musique des tavernas de Veracruz, mais aussi parfois de la musique traditionnelle américaine dans son sens plus large : « Lorsque l’on chante This Land Is Your Land, nous ne parlons pas seulement des États-Unis, mais de tout le continent, celui des Premières Nations. On a besoin de conter nos histoires modernes sur des musiques plus anciennes »

     

    Au début, lorsqu’ils étudiaient le son jarocho, on les appelait Los Cafeteros parce qu’ils venaient du Eastside Cafe de L.A. Puis, ils ont féminisé leur nom, intégré du hip-hop, de la cumbia et du rock. Ils ont aussi fait évoluer leurs propos. « Petit à petit, on a commencé à se dire que la tradition parle de choses qu’on a jamais vues. Pourquoi ne pas alors commencer à parler de ce qui se passe dans nos communautés, dans nos familles ? » relate Daniel French.

     

    Il explique que dans Tastes Like LA, la pièce If I Was President illustre l’actuelle orientation : « On a fait beaucoup de travail d’organisation communautaire et on demande souvent aux gens quels sont leurs besoins de changement. Nous voulions savoir ce qu’ils feraient s’ils étaient présidents. Je trouve ça plus important que de seulement dire des choses politiques. Il faut critiquer le gouvernement, mais je pense que, ce dont on a besoin en ce moment, c’est de l’imagination, de faire des choses qui n’existent pas. »

     

    Et que penser de Trump, qui veut construire un mur à la frontière ? « Il nous inspire parce qu’il est un mauvais exemple. Il nous inspire à continuer de conter nos histoires. Ces leaders essaient de nous faire oublier d’où nous venons et d’où ils viennent. Ils parlent comme s’ils viennent de nulle part. Nous voulons aussi réfléchir sur la façon dont nous vivons sur cette terre et à la manière de la traiter. »

     

    Parmi les instruments que Las Cafeteras utilisent sur scène, on retrouve des éléments de la lutherie traditionnelle mexicaine : la jarana à huit cordes de Veracruz, le requinto à quatre cordes, une flûte autochtone, le quijada composé d’un os de mâchoire d’âne, et le marimbol pour les effets de base. Cela s’ajoute à la batterie, au clavier et au portable, pour rendre la musique aussi moderne que les histoires qu’elle transmet.


    Trois artistes à découvrir à l’extérieur Du 18 au 23 juillet, le Village des Nuits d’Afrique est de retour avec le Marché Tombouctou et son lot de concerts, d’ateliers, de DJ sets et d’activités familiales. Voici trois artistes à découvrir, parmi d’autres sur le parterre du Quartier des spectacles.

    Mbongwana Star
    Sept musiciens de Kinshasa, dont deux ex de Staff Benda Bilili, Coco Ngambali et Theo Nzonza, inventent des sons de tradi moderne trafiqués, distordus, électros, aériens, sautillants, tournoyants, rebondissants et aériens.
    Jeudi 20 juillet à 21 h 30.

    Sidi Wacho
    Formé à Santiago par le rappeur français Saïdou et le chanteur de cumbia chilienne Juanito Ayala, ce groupe explosif mélange l’esprit de Manu Chao aux cuivres balkaniques. Samedi 22 juillet à 21 h 30.
     
    Stella Gonis
    Chanteuse, danseuse et joueuse de tambours bèlè, elle est un cri puissant, une émotion forte, un blues créole, un véhicule des chants de travail et de plantation en Martinique. Dimanche 23 juillet à 17 h.

    À noter des changements dans la programmation extérieure : le concert que Seun Kuti devait donner ce mercredi à 21 h 30 est remplacé par celui des Zimbabwéens de Mokoomba, qui marient les rythmes de la vallée du Zambèze au funk, au ska et au soukous. Ceux-ci devaient offrir leur prestation à 20 h : à cette heure, les Torontois de Kobo Town offriront leur mélange de calypso, de reggae et de ska.

    Las Cafeteras
    Parterre du Quartier des spectacles, mardi 18 juillet à 21 h 30 Renseignements : festivalnuitsdafrique.com












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