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    Musique classique

    Marc-André Hamelin: calme et hauteur

    15 juillet 2017 |Christophe Huss | Musique
    C’est à Orford, il y a quelques années, qu’Hamelin avait marqué les esprits avec une «Sonate D. 960» de Schubert inoubliable.
    Photo: Sim Canetty-Clarke C’est à Orford, il y a quelques années, qu’Hamelin avait marqué les esprits avec une «Sonate D. 960» de Schubert inoubliable.

    Grandiose fin de semaine à Orford Musique, avec un doublé Marc-André Hamelin, que l’on retrouvera ce samedi soir dans un concert de musique de chambre avec le Quatuor Kuss. Le pianiste se produira également au Festival de Lanaudière en fin de semaine prochaine avec un récital vendredi (au programme différent) et en concerto samedi.

     

    C’est à Orford, il y a quelques années, qu’Hamelin avait marqué les esprits avec une Sonate D. 960 de Schubert inoubliable. Le rendez-vous avec les Impromptus opus 142 était donc très attendu. Le concert, impressionnant, se résume en peu de mots. Ce qui frappe avant tout, c’est le calme et la maîtrise sereine du pianiste québécois. Un détachement apparent des choses cache un vrai creusement.

     

    Le concert débute avec des variations sur la vieille pavane Belle, qui tiens ma vie. À la première, très jazzée, on a un peu peur face à l’explosion du modèle, mais certains passages par la suite sont vraiment étonnants, notamment une variation harmoniquement très proche de l’univers de Messiaen.

     

    La concentration que Marc-André Hamelin impose dans Bénédiction de Dieu dans la solitude est aussi fascinante que la noblesse de sa puissance dans la Fantaisie et fugue sur BACH. C’est ici que l’on apprécie le mieux l’étoffe musicale gagnée par le pianiste ces quinze dernières années, dans le contrôle et la projection sonore.

     

    Son Schubert ne propose pas le voyage mystique qu’impose András Schiff, mais stylistiquement la démarche est passionnante, car on a l’impression d’entendre dans ce Schubert-là un véritable héritier de Haydn, qui construit quelque chose sur un modèle et une culture viennoises. Il est moins question de fantasmer sur une destinée personnelle tragique d’un compositeur que de mener un style et un langage vers de nouvelles rives. Là aussi, la concentration imposée par le pianiste est exceptionnelle.

     

    Marc-André Hamelin a offert en bis un mouvement de la Java Suite de Leopold Godowsky.

    Orford Musique : Hamelin légendaire
    Hamelin : Pavane variée (2014). Liszt : Bénédiction de Dieu dans la solitude. Fantaisie et fugue sur BACH. Schubert : Quatre impromptus op. 142. Marc-André Hamelin (piano). Salle Gilles-Lefebvre, Orford, vendredi 14 juillet 2017.












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