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    Harry Manx et la multiplication des cordes

    21 avril 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Harry Manx revient au Québec avec «Faith Lifth», la nouvelle création enregistrée avec le Sydney Lyric Strings.
    Photo: Dog My Cat Records Harry Manx revient au Québec avec «Faith Lifth», la nouvelle création enregistrée avec le Sydney Lyric Strings.

    S’il n’a rien perdu de sa mentalité d’homme-orchestre qui a parcouru le monde avec ses instruments au dos et aux pieds, Harry Manx aime diversifier ses projets. Cette fois-ci, il revient au Québec avec Faith Lift, la nouvelle création enregistrée avec le Sydney Lyric Strings, l’ensemble à cordes qui accompagne les douze pièces de l’album. Manx en offrira le contenu le 2 mai prochain à la salle André-Mathieu avec le Quatuor esca et en novembre pour une tournée au Québec. Pour l’instant, il monte sur les scènes de neuf autres villes québécoises en solo. Parmi les musiciens d’ailleurs, il est l’un de ceux qui ont visité le Québec le plus souvent depuis 2001.

     

    Rencontre téléphonique avec l’attachant personnage : « J’écoutais beaucoup de cordes classiques et j’ai commencé à me demander de quelle façon je pourrais les utiliser. J’ai donc choisi quelques-unes de mes chansons et je les ai fait arranger par Clayton Doley. C’est un claviériste et non un joueur de cordes, mais je l’ai choisi parce qu’il connaît la musique. C’est la première fois qu’il arrangeait pour des cordes, mais il a mis presque un an de travail là-dessus. »

     

    Écoutez Death Have Mercy, une des grandes chansons de Harry Manx

      
     

    Manx et Doley ont d’abord enregistré la voix et les instruments du bon Harry dans les chambres d’hôtel et un peu partout sur la route avant de rencontrer en studio les musiciens du Sydney Lyric Strings. « Ils jouent depuis vingt ans et plus avec le Sydney Opera House et se produisent de leur côté sous le nom du Sydney Lyric Strings. Le plus souvent, ils jouent en quatuor, mais ils sont six sur le disque. Ils regardent les feuilles de musique et jouent tout de suite les pièces. C’est impressionnant pour moi qui ai joué dans le monde du blues », raconte celui qui a roulé sa bosse tout simplement, en pouffant de rire.

     

    Depuis novembre dernier, il a commencé à se produire avec deux quatuors à cordes : l’Emily Carr String Quartet de l’Ouest canadien et le DeVah Quartet de Toronto. Il commente ses expériences : « Au début, je n’entendais pas les différences entre les deux, mais maintenant je commence à comprendre les subtilités : cela dépend de l’énergie des artistes. Les femmes du DeVah Quartet sont très jeunes et cela s’entend. Quant aux musiciens d’Emily Carr, ils sont plus classiques. »

     

    Qu’en est-il du Quatuor esca, un ensemble aux racines trifluviennes qui navigue entre classique et pop et qui a collaboré avec nombre de musiciens, dont Jean Leloup et Half Moon Run. Ce groupe avec qui Harry partagera plusieurs scènes au Québec est composé d’Amélie Lamontagne et d’Edith Fitzgerald au violon, de Sarah Martineau à l’alto et de Camille Paquette-Royau au violoncelle. « Je ne les connais pas personnellement, mais on s’est parlé par Internet. Elles apprennent les feuilles, on se rencontre et elles jouent parfaitement », résume l’artiste, pour qui tout semble toujours si facile.

     

    Pour le disque Faith Lift, les cordes classiques sont diversifiées : assez délicates avec de longues notes traînantes sur un blues, répondant au chant puis se donnant la repartie entre elles sur Working on a Railroad, se glissant sous la mohan veena indienne, ornementant une ballade folk, se fondant au chant ou conférant un caractère plus intemporel à quelques classiques de Manx. Si elles ne se livrent pas à de grands élans, les cordes peuvent quelque peu blueser et swinguer sans noyer la personnalité de l’artiste. « Je ne voulais pas utiliser les cordes simplement pour faire joli et je voulais leur laisser des solos », explique le singulier troubadour de l’Ouest canadien.

     

    Il reprend quelques autres de ses grandes chansons : Point of Purchase, Crazy Love, Death Have Mercy et Coat of Mail. Il en ajoute une d’Al Green : Love and Happiness. Tout au long de l’album, on l’entend à la guitare slide, à l’harmonica et à la mohan veena, mais un instrument semble ressortir plus qu’auparavant : le banjo. Il acquiesce : « Le banjo que j’utilise est proche du sarode indien et aussi un peu du dilruba. J’ai l’impression que je commence à trouver sur le banjo un peu le même son que ce que je ferais sur un instrument indien. »

     

    Voilà qui pourrait ouvrir vers d’autres perspectives de rapprochement entre ses deux passions : le blues et la musique classique indienne.

     

    Harry Manx sera en tournée solo au Québec à partir du 22 avril et avec le Quatuor esca à la salle André-Mathieu le 2 mai.

    Faith Lift
    Harry Manx, Dog My Cat Records/Harmonia Mundi












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