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    Trois musiciens et sept albums

    9 juillet 2016 | Serge Truffaut - Collaborateur | Musique
    Taj Mahal
    Photo: Jay Blakesberg Taj Mahal

    Ils s’appellent Taj Mahal, Wadada Leo Smith et Aaron Parks. Les deux premiers sont passés par là. Par où ? Le FIJM au cours des derniers jours. Le dernier s’y produira. Où et, pourquoi pas, quand ? Ce samedi soir au Gesù à compter de 22 h 30, en trio. Aujourd’hui, on vous propose tout simplement un retour sur la discographie respective de ces messieurs. Sur les disques, c’est à souligner, disponibles. Politesse oblige, honneur au vieux du trio : Taj Mahal.

     

    Les mutants qui étaient de ce monde en 1968 se souviendront sans peine, comme sans doute, de la publication de The Natch’l Blues de Taj Mahal sur l’étiquette Columbia. Dans le genre, le blues il va sans dire, cet album eut un retentissement semblable à Live in Cook County Jail de B. B. King, à East-West de The Paul Butterfield Blues Bandet à Super Session deStephen Stills, Mike Bloomfield et Al Kooper. En un mot, son retentissement fut énorme.

     

    Il en fut ainsi parce que rien dans ce disque n’est feint. Ce Natch’l Blues se distingua surtout par ses qualités… paysannes ! À la différence de ce qui était alors en vogue, soit un blues tout électrique, pesant, à l’image de Led Zeppelin et du trop bavard Cream, Mahal et ses complices avaient redonné au « p’tit » blues ses couleurs originales, soit celles des pâquerettes et non du bitume — notre homme avait étudié l’agronomie. Il faut préciser que le chanteur, guitariste et harmoniciste était entouré des Rising Sons, qui rassemblaient le guitariste Jesse Ed Davis, qui devait enregistrer avec John Lennon, George Harrison, Willie Nelson et d’autres, le bassiste Gary Gilmore et le batteur Chuck Blackwell

     

    Le deuxième album que nous avons retenu fut le deuxième publié toujours sur Columbia. En fait, il s’agit de l’addition de deux productions, une intitulée Giant Step avec The Rising Sons et l’autre réalisée en solitaire et parue sous le titre De Ole Folks at Home. C’est surtout pour cette dernière production que l’on vous propose ce double CD édité lui également par Columbia. Si vous appréciez ce qu’on appelle les « roots » ou l’americana, en clair, si vous aimez Greg Brown, Bo Ramsey, Jeffrey Foucault ou Pietra Brown, alors vous adorerez ces exercices de style confectionnés en solitaire, soit avec une guitare, soit avec un banjo, ou parfois avec un harmonica. Et dire que ce Giant Step est sorti en… 1969 ! Soit plus de trente ans en avance.

     

    Après cette période, le parcours de Taj Mahal, à l’instar de beaucoup d’autres de ses collègues, fut passablement hachuré par les rebonds du disco, du Saturday Night Live et par le Studio 54. Pour faire court, voilà qu’en 1993 Taj Mahal signe un chef-d’oeuvre : Dancing the Blues,sur l’étiquette Private Music. Cette galette, notre vétéran la réalisa avec une escorte de requins de studio. Des poids lourds aussi à l’aise avec lui qu’avec Barbra Streisand ou Eric Burdon. C’est joyeux de bout en bout. Convaincant et très séduisant.

     

    Ce samedi soir, le trio du pianiste Aaron Parks occupera donc la scène du Gesù. De ce pianiste virtuose qui a le tact de ne pas la ramener, autrement dit d’éviter les pièges qui sont toujours tendus aux prodiges, on a retenu deux albums réalisés avec James Farm, soit ce quartet qu’il a formé avec le saxophoniste Joshua Redman, le contrebassiste Matt Penman et le batteur Eric Harland. Au cours des quatre dernières années, ce supergroupe, dans le sens noble du terme, a signé deux albums sur l’excellente étiquette Nonesuch : le premier est baptisé James Farm, tout simplement, puis le deuxième, City Folk. Ce que ces messieurs composent et exécutent loge tout le temps à l’enseigne du virevoltant. De la surprise divine. C’est réjouissant.

     

    Du trompettiste Wadada Leo Smith, qui donna au pianiste Vijay Iyier sa véritable chance, on a retenu son inclination pour le combat, pour son implication au sein de l’Association for the Advancement of Creative Musicians de Chicago. D’où la suggestion suivante : Wadada Leo Smith – Golden Quartet publié en l’an 2000 par Tzadik. Avec Jack DeJohnette à la batterie, Anthony Davis au piano et Malachi Favors Magoustous à la contrebasse. On vous prévient : ça décape avec force. Mais bon… Ça nettoie les neurones.

     













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