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    Fiction québécoise

    Les mondes ésotériques de Yolande Villemaire

    Le rose des temps est un roman «altermoderne» qui se perd dans son hermétisme

    7 octobre 2017 | Caroline Jarry - Collaboratrice | Livres
    Avec «Le rose des temps», Yolande Villemaire signe un roman qui se veut ambitieux.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Avec «Le rose des temps», Yolande Villemaire signe un roman qui se veut ambitieux.

    Un « ovni littéraire », dit la maison d’édition Druide au sujet du plus récent roman de Yolande Villemaire : c’est le moins qu’on puisse dire. Comment rendre compte de ce pavé de 500 pages qui nous plonge dans des mondes ésotériques plutôt rébarbatifs, disons-le tout de suite, sans en perdre le fil conducteur ?

     

    Le rose des temps se veut un roman ambitieux. On y suit l’histoire de Viviane, qui entreprend après la mort de sa mère d’écrire un livre sur le temps. Viviane est une « clairaudiente » qui voit au-delà des apparences, nous explique-t-on, et elle est à la recherche de nouvelles dimensions du temps et de la réalité.

     

    Ses recherches la mènent autant vers les sciences occultes (chamanisme, médiums et tuttiquanti) que vers les mondes parallèles désormais offerts par la technologie et Internet : Second Life, les avatars, les multivers, ces espaces collectifs virtuels que partagent des inconnus aux quatre coins de la planète.

     

    Ses réflexions sur « l’autre côté des choses » sont intégrées aux épisodes de sa vie quotidienne. La narratrice-auteure écrit son livre (qu’on a entre les mains) sous forme de « fractales narratives », des fragments d’écritures qui ont pour but de créer une forme géométrique, et convie le lecteur à suivre cette aventure d’écriture, de façon un peu didactique.

     

    Malheureusement, la quête de Viviane verse dans un ésotérisme inintelligible pour le commun des mortels. Par exemple, elle fait un voyage de groupe en Égypte avec un chamane qu’elle surnomme le Guide des égarés : « Devant les statues monumentales du pharaon, le Guide des égarés leur apprend que des créatures venues d’autres mondes ont participé à l’édification de ce temple. Lorsque Viviane entre dans le petit temple d’Abou Simbel, son coeur se met à battre très vite. Elle sent leur présence, […] reconnaît les jambes indigo des êtres d’une ancienne humanité. » Presque tout le roman est de cette eau — que plusieurs lecteurs trouveront imbuvable.

     

    Plus intéressante est la lecture que fait la narratrice des événements politiques récents : le Printemps arabe, le mouvement Occupy, la grève étudiante au Québec, les manifestations pour la démocratie en Turquie. C’est l’aspect le plus séduisant du roman. « De partout, les vieilles structures craquent, les scandales éclatent, révélant une corruption qui sévit à tous les paliers, dans toutes les sociétés. […] Dans l’or rose du rêve d’un monde meilleur, des milliers d’individus se réveillent un peu partout sur la planète. » La narratrice espère l’émergence d’un monde nouveau.

     

    Yolande Villemaire a pris l’initiative surprenante d’expliquer sa démarche dans une mini-postface. Elle explique qu’elle a voulu écrire « un roman altermoderne », un courant récent qui se veut une réponse à la perte de sens de l’époque postmoderne. L’idée est intéressante, mais Le rose des temps est trop hermétique pour atteindre son objectif.

    Le rose des temps
    ★★ 1/2
    Yolande Villemaire, Éditions Druide, Montréal, 2017, 496 pages












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