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    Un ancien poète officiel du Parlement du Canada accusé de plagiat

    11 septembre 2017 |Caroline Montpetit | Livres
    Les œuvres plus anciennes de Pierre Desruisseaux ne seraient pas concernées, selon le poète anglais Ira Lightman qui traque les plagiaires.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir Les œuvres plus anciennes de Pierre Desruisseaux ne seraient pas concernées, selon le poète anglais Ira Lightman qui traque les plagiaires.

    Déjà fortement critiquée par certains, la fonction de poète officiel du Parlement du Canada est de nouveau entachée alors qu’un poète anglais du nom d’Ira Lightman accuse de plagiat le poète Pierre Desruisseaux, décédé en 2016 et qui a été poète officiel du Canada de 2009 à 2011.

     

    L’histoire, relatée dans le journal The Guardian, de samedi, a commencé lorsqu’une femme, Kathy Figueroa, a fait un lien entre un texte signé Pierre Desruisseaux et publié sur le site du Parlement du Canada, à l’occasion de son décès, et un poème de Maya Angelou, Still I Rise.

     

    Le poème de Desruisseaux, dans sa traduction anglaise qui était alors publiée sur le site du Parlement, se lit comme suit : « You can wipe me from the pages of history/with your twisted falshoods/you can drag me through the mud/but like the wind, I rise ». Celui de Maya Angelou, qui s’intitule Still I Rise, se lit, dans sa version originale anglaise : « You may write me down in history/With your bitter, twisted lies/You may trod me in the very dirt/But still, like dust, I’ll rise ».

     

    Tranches de vie retiré des ventes

     

    Le poème faisait partie de Tranches de vie, l’avant-dernier recueil publié par Pierre Desruisseaux aux Éditions du Noroît, avant sa mort. En poussant sa recherche, Ira Lightman, qui traque les poètes plagiaires en visitant notamment la page Facebook Plagiarism Alerts, découvre que plusieurs poèmes du recueil reprennent des textes de Dylan Thomas, de Charles Bukowski et de Louis MacNeice. Lightman entre alors en contact avec Les éditions du Noroît, qui, après analyse du dossier, décident de retirer le livre de la circulation. S’il apparaît toujours sur le site de la librairie Renaud-Bray, le livre n’est plus disponible, soutient Paul Bélanger, directeur des Éditions du Noroît.

     

    « J’ai eu un échange avec Ira Lightman et j’ai réalisé qu’il y avait des problèmes avec plusieurs poèmes, et j’ai décidé de retirer le recueil », dit Paul Bélanger. L’éditeur ajoute par ailleurs que Pierre Desruisseaux a souffert d’une maladie dégénérative du cerveau à la fin de sa vie, et qu’il peut avoir oublié avoir lu ces poèmes quelque part. En justicier du plagiat qu’il est devenu, Ira Lightman a d’ailleurs inspecté d’autres oeuvres, plus anciennes, de Pierre Desruisseaux, et n’y a pas trouvé d’autres extraits plagiés.

     

    Paul Bélanger ajoute que Pierre Desruisseaux était un grand passionné de poésie et qu’il avait traduit beaucoup de poèmes pour lui-même au cours de sa vie. « Lorsqu’un poète traduit un autre poète, il livre souvent une traduction beaucoup plus personnelle de l’oeuvre originale, mais évidemment les crédits sont donnés », dit Ira Lightman.

     

    Absences de clin d’oeil

     

    D’autres auteurs se contentent de faire un clin d’oeil à leurs sources d’inspiration sans les citer. Ira Lightman mentionne par exemple un album de Bob Dylan, intitulé ironiquement Love and Theft, où on a reconnu des extraits de l’oeuvre de l’auteur japonais Junichi Saga.

     

    Paul Bélanger ajoute qu’une clause du contrat qui unit l’auteur à l’éditeur garantit l’authenticité de l’oeuvre. « C’est la première fois qu’une telle affaire arrive aux Éditions du Noroît en 45 ans », dit-il. Il mentionne cependant, à la défense de Pierre Desruisseaux, un certain courant, défendu entre autres par Guy Debord, qui dit que toutes les oeuvres devraient appartenir à tout le monde.

     

    C’est la famille de Pierre Desruisseaux qui avait demandé à ce que le Parlement du Canada affiche sur son site le poème emprunté à Maya Angelou, évidemment sans connaître son origine.

     

    Aucun représentant du Parlement du Canada n’a donné suite aux appels du Devoir dimanche. Pierre Desruisseaux a par ailleurs été l’un des fondateurs des Éditions Triptyque.













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