Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    La littérature prend la clé des champs aux Correspondances d’Eastman

    7 août 2017 |Fabien Deglise | Livres
    L’auteur Dany Laferrière sera le parrain de la 15e édition des Correspondances d’Eastman.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’auteur Dany Laferrière sera le parrain de la 15e édition des Correspondances d’Eastman.

    Il aime les Correspondances d’Eastman. D’amour et de passion. Et pas seulement parce qu’il en est le parrain cette année et qu’il va y être à l’honneur dans le cadre d’une grande entrevue devant public et d’une classe de maître qu’il va offrir à son public. Que non !

     

    Dany Laferrière, romancier immortel de son état, entretient un rapport particulier avec ce festival littéraire, avoue-t-il, festival qui, le 10 août prochain, va prendre son envol pour une 15e édition, sur le thème des Archipels francophones. « La littérature s’y fait dans un cadre gai et champêtre, résume avec son verbe poétique et son élégance habituelle l’homme de lettres rencontré en juillet dernier par Le Devoir. L’espace très artificiel de la grammaire et des dictionnaires se retrouve dans un espace naturel. Culture et nature ne devraient jamais s’opposer, et c’est cette rencontre singulière que ce festival rend légitime. »

     

    Quatre jours pour lire, pour écrire, pour parler littérature, création littérature, devant un arbre ou autour d’un café. Quatre jours pour s’émouvoir devant les mots qui passent et ceux qui restent. Voilà, en substance, ce que vont proposer au coeur des Cantons-de-l’Est, ces Correspondances d’Eastman, festival qui s’inspire des Correspondances de Manosque en France, et où vont converger pour la cuvée 2017 de l’événement plusieurs grands noms de la littérature d’ici et d’ailleurs : Patrick Chamoiseau, Michel Rabagliati, Joséphine Bacon, Abla Farhoud, Akos Verboczy, Rodney Saint-Éloi ou encore Néhémy Pierre-Dahomey. Et la liste n’est pas exhaustive.

     

    Sur la langue, libre et vivante, les auteurs David Goudreault, Michèle Plomer, Kiev Renaud et Véronique Grenier poseront leur regard, avec la complicité de Francine Ruel. Sur l’amour dans le combat politique entre Gérald Godin et Pauline Julien, ce sont Marie-Thérèse Fortin, Christina Vézina et Yves Léveillé qui lèveront le voile, en entrant dans la correspondance de ces deux icônes d’un Québec en phase d’affirmation. Sur Jack Kerouac, Robert Lalonde et John Roney laisseront, quant à eux, jazz et lectures rendre hommage à l’enfant terrible de la « beat generation », comme pour démontrer en choeur que la « littérature ne se lit pas seulement dans les bibliothèques », dit Dany Laferrière.

     

    En mettant lettres et plein air au même diapason, les Correspondances d’Eastman devraient une fois de plus attirer vers le petit village des Cantons-de-l’Est un public conquis d’avance, quelques écrivains en herbe et en quête d’émotions dans les jardins d’écritures — un élément-clé du festival — et un grand nombre de lecteurs et lectrices dont il est important de prendre soin, estime l’académicien et membre de la Commission du dictionnaire de l’Académie française. « Les gens qui vivent dans le monde des livres peuvent aussi le délaisser, lance-t-il, comme un appel à la prudence. La littérature, c’est vrai, a toujours été faite par une minorité, par un petit groupe, qu’il ne faut jamais tenir pour acquis. »

     

    Et c’est ce que se propose de faire Les Correspondances d’Eastman qui, depuis 2003, a pour mission de revaloriser l’écriture et la lecture en faisant écrire des lettres expédiées par la suite à travers le monde et en proposant des rencontres avec des auteurs d’ici et d’ailleurs. Le festival se tiendra du 10 au 13 août.

    La lecture doit rendre libre Ne cherchez pas des conseils de lecture auprès de Dany Laferrière, il n’en donne pas. « Je parle peu de mes lectures, car c’est la chose qui devrait être la plus intime », dit l’académicien romancier en déplorant toutes ces listes de lectures dressées par les uns ou par les autres pour orienter, pour guider, pour inspirer les lectures des gens, à l’approche de l’été ou durant le reste de l’année. « Ces choses-là menacent la lecture, parce qu’elles créent des esprits subalternes, elles donnent l’impression aux gens qu’ils ont manqué ce qu’il fallait lire et, au final, elles les rendent moins libres. » Et il ajoute : comme écrivain, comme amoureux des belles-lettres, de la culture, de la langue, « ce ne sont pas des livres que l’on doit conseiller, c’est la lecture que l’on doit promouvoir ».












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.