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    Fiction sportive

    Le récit de fond de court de tennis de Grégory Cingal

    «Le revers de mes rêves sert» le monologue d’un homme qui a raté sa montée au filet

    5 août 2017 |Fabien Deglise | Livres
    Federer et Nadal, tout comme leurs prédécesseurs qui ont marqué la jeunesse dans les années 1980 du narrateur, sont là, dans ce journal qui relate un revers, celui d’un petit gars qui rêvait de monter au filet pour ressembler à Borg, Becker, McEnroe (sur la photo), et que l’asthme a envoyé ailleurs.
    Photo: Adam Stoltman Associated Press Federer et Nadal, tout comme leurs prédécesseurs qui ont marqué la jeunesse dans les années 1980 du narrateur, sont là, dans ce journal qui relate un revers, celui d’un petit gars qui rêvait de monter au filet pour ressembler à Borg, Becker, McEnroe (sur la photo), et que l’asthme a envoyé ailleurs.

    C’est à un long monologue sur la vie et le tennis qu’invite Grégory Cingal dans Le revers de mes rêves (Finitude), petit bouquin sans prétention, mais débordant de références à ce sport de raquette qui, incidemment, va faire vibrer Montréal dans les prochains jours, avec sa Coupe Rogers.

     

    Federer et Nadal, tout comme leurs prédécesseurs qui ont marqué la jeunesse dans les années 1980 du narrateur, sont là, dans ce journal qui relate un revers, celui d’un petit gars qui rêvait de monter au filet pour ressembler à Borg, Becker, Connors, et que l’asthme a envoyé ailleurs.

     

    Du mur d’entraînement, avec des balles de mousse, à son plus beau match au Tennis Club de Franceville-sur-Mer, « sur un court en dalles de ciment percées d’une multitude de trous peut-être destinés à laisser respirer les lapins qui habitaient en dessous », en passant par sa première et dernière violente attirance sexuelle — Johann, un gars, en a été la cause — et le beau geste de Mats Wilander en demi-finale de Roland-Garros en 1982 — il avait redonné un point à son adversaire, Grégory Cingal, remonte le fil d’une passion dans le détail de ses obsessions.

     

    Le narrateur, qui rêvait du « niveau international », y aborde ses amitiés, ses déconvenues, ses admirations, tout comme les composantes symboliques d’une jeunesse française coulée dans les années 1980 et dans un environnement forcément aisé, où la quête du lob parfait et du revers lifté idéal évoque bien plus que la pratique d’un art sportif. C’est du culte de la performance, du conformisme et d’élite qu’il peut aussi être question.

     

    Inscrite dans l’autopsie du souvenir, dans la recherche de signifiance du détail passé ramené à la vie, l’écriture de Grégory Cingal a la précision de ces balles de service qui entrent pile dans le coin des marques, et, en de rares moments, la fulgurance d’un service de Grand Chelem. Celui qui mène au 6-1, 6-0, 6-2. Mais la victoire ne peut jamais être aussi facile.

     

    Et la passion qu’il raconte, l’introspection qu’il mène, échoue au final dans son partage, la faute sans doute à l’arbitrage déficient d’un propos, riche en anecdotes, mais qui se dévoile surtout sans ce fil conducteur, cette confrontation tendue entre l’auteur et le lecteur qui peuvent conduire à un jeu décisif.

    Le revers de mes rêves
    ★★★
    Grégory Cingal, Finitude, Paris, 2017, 144 pages












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