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    Polar

    L’enfer, de Kaboul à Paris

    Cédric Bannel rapproche sa fiction de la réalité d’un terrorisme au quotidien

    1 juillet 2017 | Michel Bélair - Collaborateur | Livres
    Cette deuxième enquête de Nicole Laguna se déroule entre Paris et la capitale afghane, des terroristes de la seconde voulant détruire la première.
    Photo: Wakil Kohsar Agence France-Presse Cette deuxième enquête de Nicole Laguna se déroule entre Paris et la capitale afghane, des terroristes de la seconde voulant détruire la première.

    Les terroristes de Daech — et même les autres ! — frappent maintenant partout sur le globe ; rares sont les pays où la terreur gratuite n’a pas encore fauché de vies innocentes et l’actualité nous le rappelle sans cesse. Partout, cette violence prend source dans « la cause », quelle que soit la façon dont on la définisse : d’un côté les martyrs et, de l’autre, les mécréants qu’il faut abattre.

     

    Voici une illustration plutôt improbable de cette nouvelle donnée universelle ; elle met en scène un génie des mathématiques né dans le désert afghan, de l’autre côté des montagnes, qui veut venger la mort de son père en détruisant… la Ville lumière.

     

    Cette deuxième enquête de Nicole Laguna, de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en France, et du Qomaandaan Kandar, la police criminelle de Kaboul, démarre sur les chapeaux de roues. La capitale afghane est devenue de moins en moins sûre et la présence des clans, des djihadistes et des talibans se fait sentir un peu partout. Aussi, lorsque les hommes de Kandar tombent par hasard, lors d’une fouille dans une maison suspecte, sur des notes rédigées à l’envers encadrant des calculs mathématiques, ils se méfient. Surtout lorsque le Qomaandaan y découvre un plan de Paris…

     

    Collaboration internationale

     

    Comme dans Baad, le précédent livre de Cédric Bannel, on voit s’incarner ici, au-delà de leurs différences culturelles, l’étrange amitié qui lie l’ancien moudjahidine à l’ex-agente française. Réunis par une conception commune de la justice, ces deux-là forment une équipe extrêmement efficace qui va d’abord à l’essentiel. Avec les renseignements fournis par le policier afghan, Laguna réussira à persuader ses collègues français d’agir au plus vite ; on verra dès lors s’activer de l’intérieur tous les rouages de l’appareil antiterroriste mis sur pied par les Français depuis les attaques menées sur leur sol.

     

    De son côté, Kandar doit enquêter dans le plus grand secret puisque la corruption règne en maître partout dans l’administration de Kaboul comme du pays tout entier. Il parviendra à identifier l’auteur des notes manuscrites en menant une série d’opérations risquées pendant que les Français parviennent à mesurer l’ampleur de la menace qui pèse sur Paris. À travers la Syrie puis l’Europe entière une fois passée la frontière turque, la traque se fera de plus en plus pressante.

     

    L’écriture vive de Bannel rend fort bien l’angoisse qui s’empare d’un peu tout le monde alors que le temps passe et que le complot infernal se précise ; son roman prend souvent des allures de reportage journalistique en direct au rythme difficilement supportable. Mais ce sont surtout ses personnages éminemment crédibles, sa grande connaissance du terrain et surtout des réseaux exploités par les terroristes qui donnent une couleur encore plus tragique — et plus vraie — à l’ensemble. Bref, voilà une histoire tissée aussi serré et aussi colorée qu’un tapis afghan. Coeurs sensibles s’abstenir.

    Kaboul express
    ★★★
    Cédric Bannel, Robert Laffont, Paris, 2017, 325 pages












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