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    Édition

    Chaque livre est un prototype

    La première étude exhaustive depuis près de 20 ans sur l’offre canadienne de livres en français

    18 mai 2017 |Catherine Lalonde | Livres
    Les catalogues des distributeurs recèlent actuellement 703 894 titres différents, accessibles aux lecteurs canadiens.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les catalogues des distributeurs recèlent actuellement 703 894 titres différents, accessibles aux lecteurs canadiens.

    « Chaque livre est un prototype », rappelle le Portrait de la diversité de l’offre des distributeurs de livres, une étude commandée par l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) et obtenue d’abord par Le Devoir. On y trouve des chiffres qui n’avaient pas été colligés depuis près de deux décennies, et qui permettent d’esquisser le paysage des livres proposés et lus, en français, au Canada. Observations.

     

    « Il y a beaucoup d’essais et d’erreurs dans le secteur du livre, explique le directeur général de l’ADELF, Benoit Prieur. Il est très dur de prédire ce que sera le succès d’un livre, surtout en fiction. Alors il faut le proposer ; et le proposer dans de nombreux points de vente, afin de donner à chaque livre la possibilité de trouver ses lecteurs. »

     

    Et le diffuseur-distributeur est celui qui achemine le livre, depuis les éditeurs et les imprimeurs jusqu’aux librairies. C’est aussi celui qui les entrepose, et qui gère les retours des invendus par les libraires. Entre autres, et à gros trait.

     

    Un boulot de l’ombre, explique M. Prieur. « Les vedettes du livre, ce sont les écrivains, et c’est essentiel qu’il en soit ainsi. La diversité du livre existe d’abord et avant tout à cause d’eux. Mais certains acteurs, comme nous, contribuent à ce que cette diversité se déploie, à ce qu’elle soit présentée au lecteur, et valorisée. »

     

    Les chiffres de nos lettres

     

    Les défis logistiques pour y arriver sont de taille. Car les catalogues des distributeurs recèlent actuellement 703 894 titres différents, accessibles aux lecteurs canadiens (peut-être sur commande), y compris les 42 230 nouveautés de 2016.

     

    « Cette offre provient d’une multitude de sources, poursuit le directeur ; ils ont été publiés par 2248 maisons d’édition différentes, donc ils apportent 2248 manières d’imaginer et de concevoir les livres, la littérature, la culture. C’est très riche. »

     

    L’an dernier, il s’est acheté 259 799 de ces titres. Et l’étrange équilibre entre livres à succès et littérature de niche reste fascinant. 57 % du nombre provient de toutes petites ventes, soit de livres vendus à moins de 10 exemplaires. Plus de 79 % des titres ayant trouvé lecteurs en 2016 se sont vendus à moins de 50 exemplaires. « Visiblement, analyse M. Prieur, les lecteurs aiment et veulent une grande diversité. Ils répondent à l’abondance de l’offre par une demande très éclatée de produits. »

     

    Et la littérature québécoise se porte bien, merci. Si en 2016 il s’est vendu 45 480 livres québécois pour 205 744 français, c’est que ces derniers comprennent aussi moult traductions, souvent très populaires — pensons aux J.K. Rowling, aux polars ou à la littérature américaine, qui arrivent majoritairement en français après un détour par l’Hexagone.

     

    Les livres offrent un spectre très large de caractéristiques différentes, même si l’étude exclut tout le scolaire, par rapport aux « biens conventionnels », rappelait le porte-parole de l’ADELF. Aucun livre n’est pareil. L’offre est en perpétuel renouvellement et le succès, comme l’échec, reste imprévisible.

     

    L’ADELF s’amuse d’ailleurs à chercher en d’autres marchés une offre aussi multiple, en comparant avec celle de la Société des alcools du Québec, qui se targue de sa diversité de vins et d’alcools. 42 050 bouteilles différentes, dont 1000 nouvelles arrivant chaque année… « Même pas proche ! », rigole l’étude.


    Et pourquoi amasser maintenant ces statistiques ? « On n’avait pas de chiffres récents, ou alors seulement approximatifs. On voulait de l’information. L’industrie du livre est encore très forte, très stable, et l’intelligence d’affaires y est un enjeu fondamental. Le secteur est plus optimiste maintenant qu’il y a quelques années : la pérennité du livre n’est plus remise en question par le numérique, et on parle désormais de résistance et de résilience du livre imprimé. Dans ce contexte, il faut de nouveaux outils pour mieux connaître le marché. »?

    Les livres francophones qu’on achète Coup d’oeil sur l’origine de l’édition des 259 799 titres en français que les lecteurs se sont procurés l’an dernier.

    Du Québec 45 580

    Du Canada (hors Québec) 2664

    De France 205 744

    De Belgique 3208

    De Suisse1788

    D’autres pays 915

    Ces chiffres comprennent les traductions d’autres langues vers le français, la France restant en ce domaine le chef de file.













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