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    Livre

    «L’oiseau de Colette» ou le Mile-End des enfants

    Isabelle Arsenault livre le premier titre d’une série basée en plein Montréal

    17 mai 2017 | Marie Fradette - Collaboratrice | Livres
    L’auteure voulait par-dessus tout montrer que les marmots urbains parviennent à voir au-delà des clôtures et du béton de la ville.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’auteure voulait par-dessus tout montrer que les marmots urbains parviennent à voir au-delà des clôtures et du béton de la ville.

    Colette, tout juste débarquée dans un nouveau quartier, est en rogne contre sa mère qui lui refuse un animal de compagnie. À peine est-elle sortie de sa cour que tout un monde s’ouvre à elle. Celui de la ruelle de la ville et des nouveaux copains. Elle rencontre d’abord Albert et Tom à qui elle raconte avoir perdu son perroquet. Rapidement, un groupe d’enfants est mis à contribution pour trouver cet oiseau rare.

     

    Pour Isabelle Arsenault qui est née à Sept-Îles sur le bord de la mer, le Mile-End n’était pas une destination prévue, a-t-elle confié au Devoir. Mais 16 ans après être arrivée dans la métropole, elle avoue être très attachée à son quartier. « Quand j’ai eu des enfants, ça ne faisait pas de sens de les mettre au monde en ville. Mais c’est ce qui est arrivé et, au fil du temps, nous n’avons pas bougé. Nos enfants ont grandi dans les ruelles .»

     

    Premier projet entièrement écrit et illustré par Arsenault, L’oiseau de Colette est inspiré de l’univers de l’artiste. « Il y a un beau dynamisme culturel dans le Mile-End. Je suis d’abord partie de ce lieu-là pour créer cette histoire. La richesse culturelle est intéressante ici. On sent vraiment cette énergie quand on est sur notre rue.» Bien que l’illustration dans l’album ne laisse pas de trace précise du lieu dans lequel se déroule l’action, Arsenault offre pour l’oeil averti des points de vue très montréalais : un plan en plongée sur une cour typique de la ville, la ruelle Clark bien identifiée en début d’album. Tout comme dans Louis parmi les spectres — écrit par Fanny Britt (La Pastèque) —, le Montréal non touristique, le Montréal au quotidien est privilégié. « Ça me rend fière de pouvoir faire des livres qui me ressemblent et ça ajoute un côté personnel au projet. C’est ma réalité et puis ça fait rayonner notre culture. »

     

    Lumière sur la grisaille

     

    Mais ce qu’elle propose surtout ici, c’est le Mile-End des enfants, leur point de vue. « La ruelle c’est leur territoire, leur réalité, c’est une zone qui leur appartient et dans laquelle ils circulent librement .» Arsenault voulait par-dessus tout montrer qu’avec leur créativité, leur imagination, leur spontanéité, ces marmots urbains parviennent à voir au-delà des clôtures et du béton de la ville, à transcender et transformer ce qui les entoure. Chaque petite cour mise en scène est un microcosme de la vie de ces gamins. Chacun vaque à ses occupations, lit, dessine, observe les insectes… L’atmosphère du quotidien est palpable tout comme la douceur de vivre. Ça grouille de vie dans l’arrière-cour et ces ruelles deviennent un monde en soi, à l’abri du brouhaha des voitures.

     

    Premier titre d’une série qui s’amorce, chacun des livres suivants présentera un personnage du clan qui saura se démarquer par une couleur associée à sa personnalité. Ici, Colette impose par le jaune de son ciré. Elle débarque dans la ruelle et offre une perspective toute lumineuse du quotidien à laquelle les petits, sortant de leur train-train, adhèrent un à un. La couleur bleue, seule autre teinte dans la grisaille de l’ensemble, est associée à l’imagination et à l’émotion toujours plus grandissante et partagée de l’héroïne. Ce débordement d’enthousiasme prend tout son sens dans le tableau final, sans texte, mettant en scène un portrait de la jolie bande cerclée de jaune et de bleu, qui se fait promesse d’une suite tout aussi poétique.

    L’oiseau de Colette
    Isabelle Arsenault, La Pastèque, Montréal, 2017, 48 pages












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