Exercice de mémoire

Photo: ICI RDI

Michaël Prazan est cinéaste. Son père Bernard est galeriste. En 2006, Michaël convainc Bernard de parler de son enfance devant une caméra. Par pudeur, Michaël ne filme pas lui-même, il observe dans une autre pièce.

Le père a très peu parlé de son enfance. Déboule alors une série de souvenirs bouleversants : Bernard Prazan fut un des 50 000 « enfants cachés », de jeunes Juifs cachés des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale par des sympathisants communistes, ballottés d’une ferme à l’autre, dans des familles hostiles ou bienveillantes. Bernard Prazan a échappé à une rafle grâce à une « passeuse » qui devait l’amener en zone libre. Il se dit convaincu que cette passeuse était en réalité de mèche avec la Gestapo pour livrer des Juifs, mais qu’à la dernière minute, pour une raison qu’il ignore, elle a décidé de le sauver. Troublé, Michaël cherche, enquête, et finit par retrouver cette passeuse, devenue une vieille femme, tentant de démêler le vrai du faux dans ses propos, réalisant qu’elle avait été proche d’un collaborateur notoire, un véritable salaud, mais qu’elle avait elle-même été enfermée dans des camps de concentration. Un documentaire très personnel, un peu austère, qui entremêle un destin individuel à la grande Histoire.

La passeuse des Aubrais

ICI RDI, mercredi et jeudi 20 h