Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Embrasser le silence avec le chorégraphe espagnol Daniel Abreu

    Le retour du chorégraphe et danseur madrilène à Quartiers Danses promet d’intéressants échanges entre Montréal et Madrid

    8 septembre 2017 | Mélanie Carpentier - Collaboratrice | Danse
    Monté comme un collage de différents matériaux, Silencio repose sur une scénographie sobre, où trois danseurs jouent sur la gravité.
    Photo: Eva Viera Monté comme un collage de différents matériaux, Silencio repose sur une scénographie sobre, où trois danseurs jouent sur la gravité.

    Tourné vers les échanges internationaux, une des missions du festival Quartiers Danses (FQD) est d’amener des artistes montréalais à s’exporter en invitant des diffuseurs étrangers. Et vice-versa, le FQD permet à des écritures d’autres horizons de s’importer dans la métropole. Le parti pris du directeur Rafik Hubert Sabbagh, cette année, est de ramener des créateurs espagnols s’étant déjà illustrés lors d’éditions précédentes. C’est le cas de Daniel Abreu, qu’on avait découvert lors de son dernier passage en 2015 avec Animal, une pièce à la charge onirique révélant un fin travail sur le nu, l’animalité et la répétition.

     

    Deux ans plus tard, le chorégraphe installé à Madrid revient avec une pièce qu’il qualifie de plus austère, profonde et tournée vers l’intériorité.

     

    Alors que les prises de parole fusent dans tous les sens, quitte à nous étourdir, le silence ne serait-il pas un dernier rempart à la folie ? Une forme de dissidence, voire de subversion ? Silencio, nouvelle création de Daniel Abreu, comme son titre l’indique, est un appel au silence et au besoin de ralentir : « Pour moi, l’art contemporain est basé sur la répétition, car il y a peu de nouvelles choses à dire », affirme l’Espagnol, dont l’idée de cette nouvelle création est née d’un rush de stress et de pression à produire dans la vitesse. « Ce dont on a le plus besoin de nos temps, c’est de plus de quiétude, et nous devons insister sur ce thème. »

     

    Monté comme un collage de différents matériaux, Silencio repose sur une scénographie sobre, où trois danseurs jouent sur la gravité. Le chorégraphe travaille sur des changements de rythme, autant musicaux que chorégraphiques et utilise la répétition pour insister sur certains motifs, afin d’apporter une certaine profondeur aux mouvements. « Quand je suis à la place du spectateur, j’ai envie que le performeur me donne plus que du mouvement ou une présence, explique-t-il. Je suis moins intéressé par les bons danseurs que par les bons communicateurs. C’est ce que j’essaie d’amener dans mes propres pièces. Elles doivent aller au-delà de ce qu’on peut voir, pour que le spectateur puisse se dire : “OK, je n’ai pas tout compris, mais quelque chose, un message m’est arrivé.” »

     

    Des influences éclatées

     

    Arrivé dans le milieu de la danse sur le tard en Espagne, Daniel Abreu est formé en ballet classique, mais aussi en danse contemporaine et traditionnelle espagnole. Ce qui caractérise la signature du créateur est la diversité stylistique dans laquelle il puise ses inspirations. Musicalement, l’artiste aime explorer. Usant autant de la musique classique que de la pop, il se plaît aussi à s’aventurer vers des terrains plus underground, tels que le trap, mouvement musical rap apparu dans le sud des États-Unis dans les années 2000, récupéré par certaines franges de la musique électronique dance et proche du dubstep.

     

    Parallèlement à sa carrière de danseur, ses études en psychologie ont beaucoup influencé sa manière d’approcher l’art. Le créateur s’est longtemps intéressé à la Gestalt-thérapie, théorie psychocorporelle et holistique centrée sur le rapport de l’individu à son environnement (et comment celui-ci peut s’y ajuster), ainsi que sur la conscience des flux permanents de nos sensations physiques ouvrant à une meilleure connaissance de soi-même. « Quand je travaille sur une création, j’essaie de m’éloigner le plus possible du processus thérapeutique. S’il advient, c’est par accident, et c’est parce que j’essaie de sonder l’humain en allant plus en profondeur, vers l’intériorité, ce n’est pas de manière intentionnelle », affirme-t-il, tout en poursuivant sur son attachement au mot « silence », qui s’est imposé comme titre au moment où il en avait le plus besoin.

     

    Silencio sera présenté lors d’une des soirées Regards croisés, au côté d’une création des Montréalaises France Roy et Johanne Marie Tremblay. Outre le travail du Madrilène, on pourra retrouver pour cette 15e édition du FQD aux notes hispaniques, les Barcelonais de La Intruza, ainsi que le duo formé de la Catalane Sonia Gomez et de Marc Béland avec la reprise de Bailarinas, pièce ludique vue à l’Agora le printemps dernier.

    Silencio
    De et avec Daniel Abreu, Anuska Alonso et Sacil Gonzalez. Soirée Regards croisés Montréal/Madrid au festival Quartiers Danses, à la Cinquième Salle de la Place des Arts samedi à 20 h.
    Más o menos inquietos/Dirt
    De et avec Daniel Abreu et Carmen Fumero. Performance hors les murs, aux jardins Gamelin vendredi à 17 h.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.