Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Danse

    La chorégraphe Trisha Brown est décédée

    Elle a révolutionné la danse en défiant la gravité

    21 mars 2017 | Caroline Montpetit - Avec l’Agence France-Presse | Danse
    Le 11 mai 1971, les New-Yorkais pouvaient observer, sur les toits de SoHo, des silhouettes rouges se transmettant des phrases chorégraphiques à la manière de télégraphistes. «Roof Piece», pièce audacieuse devenue mythique de Trisha Brown, s’est redéployée en 2011 sur la High Line Park.
    Photo: Mario Tama Agence France-Presse Le 11 mai 1971, les New-Yorkais pouvaient observer, sur les toits de SoHo, des silhouettes rouges se transmettant des phrases chorégraphiques à la manière de télégraphistes. «Roof Piece», pièce audacieuse devenue mythique de Trisha Brown, s’est redéployée en 2011 sur la High Line Park.

    La danseuse et chorégraphe américaine Trisha Brown est morte samedi au Texas des suites d’une longue maladie, a fait savoir lundi la compagnie qu’elle a fondée et qui porte son nom. Née à Aberdeen, dans l’État de Washington, Trisha Brown est connue pour avoir révolutionné le monde de la danse, notamment par ses travaux jouant sur la relation du corps humain avec la gravité.

     

    La compagnie qu’elle a créée en 1970 salue « une des chorégraphes les plus acclamées et influentes de son époque », dont le travail « avant-gardiste a changé pour toujours le paysage artistique ».

    Photo: Jacques Demarthon Agence France-Presse Trisha Brown
     

    Trisha Brown a notamment bousculé les standards en 1971 avec sa pièce Homme marchant sur une façade d’immeuble. Attaché à des câbles d’escalade, un danseur descend le long du mur d’un immeuble, en feignant de marcher.

     

    À cette époque, les pièces créées par Trisha Brown se déroulaient largement à l’extérieur, dans les rues ou sur les toits. Plus tard, sa compagnie connaîtra un grand succès en Amérique et en Europe, et se produira dans les grandes salles d’opéra.

     

    Trisha Brown était diplômée de la Faculté de danse du Mills College et est arrivée à New York en 1961. Élève d’Anna Halprin, elle participe aux ateliers de chorégraphie de Robert Dunn, dans un esprit de « créativité interdisciplinaire », marque de la ville de New York dans les années 1960.

     

    Dans le sillage de Merce Cunnigham, Trisha Brown a porté jusqu’ici le flambeau de ce qu’on appelle la danse postmoderne.

     

    Dena Davida, la cofondatrice du diffuseur en danse contemporaine Tangente, à Montréal, se souvient avoir vu un spectacle de Trisha Brown à Montréal, l’année où elle-même y arrivait des États-Unis.

     

    « J’étais complètement surprise de voir une production de danse postmoderne américaine, se souvient-elle. La pièce s’appelait Line-up. » Et les danseurs y avaient précisément comme consigne d’y créer l’effet de rang.

     

    « Lorsqu’on pense à la nouvelle danse américaine postmoderne, on pense à Merce Cunningham. Il a marqué le tournant entre le moderne et le postmoderne. Elle était de la génération issue de cela »,poursuit-elle.

     

    Matière et forme

     

    Dena Davida est aussi cofondatrice du Festival international de nouvelle danse, qui, lors de sa première édition en 1985, invita précisément Trisha Brown et Merce Cunningham, Pina Bausch, mais aussi, plus près de nous, La La La Human Steps, la compagnie Jean-Pierre Perreault, Fortier Danse-Création et O Vertigo.

     

    Pour elle, le travail de Trisha se situe dans la lancée du No Manifesto, signé par la chorégraphe Yvonne Rainer, qui voulait « révolutionner la danse et la réduire à ses éléments essentiels ». Le manifeste refuse le spectacle, refuse la virtuosité, refuse les transformations, la magie, le glamour, refuse l’excentricité. « C’est le courant minimaliste », dit Mme Davida. Ce mouvement tente de concentrer la danse sur la matière et sur la forme, en délaissant l’expression des émotions, ajoute-t-elle.

     

    Une rétrospective de l’oeuvre de Trisha Brown a par ailleurs été présentée en 2015 au Centre national des arts d’Ottawa.

     

    Au cours de la dernière semaine de mars, le Festival international du film sur l’art présentera Dans les pas de Trisha Brown, documentaire de la réalisatrice française Marie-Hélène Rebois qui met en scène la production de l’oeuvre de Brown Glacial Decoy à l’Opéra de Paris, dans un décor et des costumes de Robert Rauschenberg. On y suit un groupe de ballerines qui doivent réapprivoiser leurs mouvements et leurs corps, sous la direction de Lisa Kraus, qui a elle-même participé à la création de la pièce avec Trisha Brown.

     

    Trisha Brown a créé plus de 100 chorégraphies et six opéras avant de quitter la scène en tant que danseuse en 2008. Expérimentant constamment, l’artiste a aussi peint et dessiné.

     

    Sa mort suit de quelques mois celle de son mari, l’artiste vidéaste Burt Barr.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.