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    «Rebel in the Rye» – Éternel adolescent

    13 octobre 2017 | Manon Dumais - Collaboratrice | Cinéma
    «Rebel in the Rye» repose sur les épaules de l’attachant Nicholas Hoult, qui s’acquitte honorablement de sa tâche.
    Photo: Métropole Films «Rebel in the Rye» repose sur les épaules de l’attachant Nicholas Hoult, qui s’acquitte honorablement de sa tâche.

    Publié en 1951, L’attrape-coeurs de J. D. Salinger a fait l’effet d’une bombe dans l’univers littéraire avec son jeune narrateur au franc-parler racontant sa fugue à New York trois jours avant Noël. Toujours considéré comme le roman emblématique sur l’adolescence, le livre occupe une place de choix dans la culture populaire — on ne compte plus les clins d’oeil à cette oeuvre au cinéma, à la télévision, en musique.

     

    Roman de chevet de tueurs notoires, dont l’assassin de Lennon, L’attrape-coeurs distille en plus un parfum sulfureux. Quant au destin de Salinger, homme fragile ayant choisi la réclusion plutôt que de frayer avec le gratin new-yorkais, il présente certes une matière brute idéale pour inspirer un quelconque cinéaste, dramaturge ou biographe. Hélas ! On ne saurait dire que celle-ci a permis à Danny Strong de livrer une oeuvre mémorable.

     

    Pour son premier long métrage, l’acteur (Gilmore Girls, Mad Men) et scénariste (Empire) s’est ainsi attaqué à ce monument de la littérature américaine, non sans éviter tous les écueils propres au genre. De fait, combien a-t-on vu de ces histoires de jeunes génies marginaux pris en charge par un professeur dévoué, artiste raté de préférence, au grand écran ?

     

    D’une approche très respectueuse, trop peu audacieuse (on imagine le regretté Salinger bâiller d’ennui devant cette lisse illustration de sa vie), le biopic que Danny Strong propose raconte bien sagement la jeunesse de ce garçon tourmenté, soldat traumatisé et amoureux éconduit. Ce faisant, il rappelle la genèse du roman L’attrape-coeurs. Relaté en flash-back, au moment où Salinger est interné à son retour de la Seconde Guerre mondiale, Rebel in the Rye fourmille de plans de l’écrivain en devenir disparaissant dans les volutes de la fumée de cigarette alors qu’il tape à la machine.

     

    En vrac, Strong s’évertue à faire défiler les passages obligatoires dans la vie de Salinger, du salon bourgeois de son père (Victor Garber), qui aurait préféré que son fils envisage autre chose qu’une carrière d’écrivain, et de sa mère compréhensive (Hope Davis) aux tranchées où il affronte l’horreur, en passant par les salles de classe et les boîtes de nuit… Et, bien sûr, les bras d’Oona O’Neill (Zoey Deutch), fille du grand dramaturge, qui le largua pour Chaplin. Que l’on connaisse ou non Salinger ou son alter ego Holden Caulfield, narrateur de L’attrape-coeurs, chaque scène réserve peu de surprises tant chaque revirement se révèle télégraphié.

     

    Élégante carte postale au charme suranné du New York des années 1950, Rebel in the Rye repose sur les épaules de l’attachant Nicholas Hoult, qui s’acquitte honorablement de sa tâche. Dans les rôles de son professeur rêvant de reconnaissance et de son ambitieuse éditrice, Kevin Spacey et Sarah Paulson s’avèrent de solides faire-valoir.

     

    V.O. Cineplex Odeon Forum.

    Rebel in the Rye
    ★★ 1/2
    Drame biographique de Danny Strong. Avec Nicholas Hoult, Kevin Spacey, Victor Garber, Hope Davis, Sarah Paulson et Zoey Deutch. États-Unis, 2017, 106 minutes.












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