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    Luc Picard en ouverture du Festival de cinéma de la ville de Québec

    23 août 2017 |François Lévesque | Cinéma
    Le cinéaste et acteur Luc Picard accompagné par le directeur de la programmation du FCVQ, Olivier Bilodeau
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le cinéaste et acteur Luc Picard accompagné par le directeur de la programmation du FCVQ, Olivier Bilodeau

    Le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) se déroulera du 13 au 23 septembre. Après avoir mis les cinéphiles en appétit en révélant de-ci de-là quelques titres, voici que l’événement a dévoilé mardi l’ensemble de sa programmation. Sur environ 200 films, on trouve une soixantaine de longs métrages, dont une vingtaine sont québécois, tels Les rois mongols, de Luc Picard, présenté en ouverture, et Pieds nus dans l’aube, de Francis Leclerc, en fermeture.

     

    Basé sur un roman de Nicole Bélanger, Les rois mongols est le quatrième film réalisé par Luc Picard. Encore pris par des détails de dernière minute, l’acteur et cinéaste en parle avec fébrilité et passion. « Le roman est venu me chercher. C’est un récit de l’enfance qui a quelque chose de ducharmien », confie Luc Picard lors d’une rencontre survenue quelques heures avant l’annonce du décès de l’écrivain.

     

    Les rois mongols est raconté du point de vue d’une adolescente qui, craignant qu’on les place, son petit frère et elle, dans des familles d’accueil différentes, enlève une vieille dame avec l’aide de deux cousins. Cela afin de revendiquer leur droit de choisir comment ils vivront désormais. En toile de fond : la crise d’Octobre.

     

    « Comment tu fais pour tenir tes promesses d’enfant quand tu deviens adulte ? C’est un questionnement qui ne me lâche pas, poursuit Luc Picard. En grandissant, on se ment à soi-même, puis aux autres ; on oublie. Des gens meurent d’oubli… Comment tu fais pour rester ardent, pour rester fidèle ? Bref… cette histoire-là m’a ému. J’espère qu’elle va émouvoir les gens. Je me réjouis de cette première à Québec. »

     

    À noter que Le Devoir publiera un entretien avec Luc Picard en amont de la sortie du film, le 22 septembre.

     

    Qualité Québec

     

    Directeur de la programmation du FCVQ, Olivier Bilodeau précise que cette prépondérance d’oeuvres québécoises n’est pas préméditée. « Chaque année, on essaie de réunir les meilleurs films possible et, chaque année, on obtient à peu près ce ratio-là. Ce n’est pas si étonnant, dans la mesure où on fait du très bon cinéma ! »

     

    Ce qui diffère cette année, toutefois, c’est que le processus de sélection a démarré plus tôt que par le passé, soit dès le mois de janvier. On voulait se donner de la marge de manoeuvre.

     

    « Si je prends, par exemple, Pieds nus dans l’aube, on a entamé vraiment tôt les pourparlers. On savait depuis longtemps que Francis était en production, et Francis, il vient de Québec. Et son père, Félix Leclerc, qui a écrit le roman, il est très ancré dans la mythologie de Québec à cause de l’île d’Orléans. Bref, on voulait le film ; ça nous semblait naturel. Les Films Séville aussi, et ils ont embarqué rapidement. En tout, on a dû voir 700, 750 films, sur invitation ou en soumission. Je suis fier du résultat », conclut le directeur de la programmation.

     

    On attend notamment Des plans sur la comète de Guilhem Amesland (avec entre autres Suzanne Clément), Retour en Bourgogne de Cédric Klapisch, Louise Lecavalier : sur son cheval de feu de Raymond St-Jean, 120 battements par minute de Robin Campillo, My Friend Dahmer de Marc Meyers, La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania…

     

    Revoir le paradigme

     

    Certains de ces titres ont été dévoilés à Cannes, Sundance, Tribeca ou SXSW, et sont des primeurs tantôt canadiennes, tantôt québécoises. Les films de Luc Picard et Francis Leclerc sont des premières mondiales. Or, le FCVQ ne met pas l’accent là-dessus.

     

    Cela étonne, dans la mesure où il est coutume, pour les festivals, d’étaler leurs multiples primeurs. Selon Ian Gailer, directeur général, cette manière étriquée d’envisager la diffusion nuit au cinéma et aux cinéphiles plus qu’autre chose.

     

    « On a volontairement retiré les mentions “première” de notre programme, confirme Ian Gailer. Un film ne devient pas moins intéressant parce qu’il a déjà été présenté ailleurs dans le monde. En musique, il n’y a pas ce rapport-là ; c’est-à-dire que si Metallica vient jouer à Québec, on ne jugera pas ça moins important sous prétexte que le groupe s’est produit à New York la veille. Ce qui compte, au cinéma comme en musique, c’est la communion entre les artistes et le public. Avec l’obsession des premières, on perd l’essentiel de vue, il me semble. On essaie de sensibiliser les distributeurs et les institutions à cet enjeu, quoiqu’on demeure réalistes : il faut un certain nombre de gros films à tapis rouge, question de prestige. On n’y échappe pas complètement. »

     

    Quoi qu’il en soit, le public de Québec, fier à raison de ce beau festival devenu un incontournable ces dernières années, aura largement de quoi satisfaire sa fibre cinéphile.













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