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    Critique cinéma

    «The Glass Castle» — Les mensonges que mon père me contait

    Le drame relate l’enfance malheureuse de la journaliste Jeannette Walls

    12 août 2017 |Manon Dumais | Cinéma
    Les quatre enfants Walls ont passé leur jeunesse à déménager d’une demeure miteuse à l’autre à travers les États-Unis.
    Photo: Les Films Séville Les quatre enfants Walls ont passé leur jeunesse à déménager d’une demeure miteuse à l’autre à travers les États-Unis.

    L’écrivaine et journaliste Jeannette Walls a vécu une enfance hors du commun qu’elle a racontée dans Le château de verre, best-seller de 2005. Toutefois, l’adaptation qu’en a tirée Destin Daniel Cretton, réalisateur de Short Term 12 (inédit au Québec) et scénariste du lamentable The Shack de Stuart Hazeldine, s’apparente à un film inspiré de faits vécus bien commun.

     

    Chroniqueuse mondaine au New York Magazine, Jeannette Walls (Brie Larson, glaciale) s’apprête à épouser son fiancé (Max Greenfield, artificiel) avec qui elle vit dans un somptueux appartement sur Park Avenue. Un soir qu’elle revient chez elle en taxi, elle aperçoit un couple qui fait les poubelles. Ayant reconnu ses parents, Rex (Woody Harrelson, frisant la caricature sous son horrible moumoute) et Rose Mary (Naomi Watts, sous-utilisée derrière son maquillage raté), Jeannette se remémore alors son enfance difficile.

     

    Élevés par un père alcoolique, menteur et incapable de tenir ses promesses et une mère peintre insouciante et irresponsable, les quatre enfants Walls ont passé leur jeunesse à déménager d’une demeure miteuse à une autre à travers les États-Unis afin de fuir de nombreux créanciers. Le manque d’argent, de nourriture et de soins était leur lot quotidien. En revanche, ils baignaient dans la poésie et le rêve. À l’exception de la benjamine Maureen (Brigette Lundy-Paine), qui squatte avec ses parents une piaule pourrie dans le Lower East Side, les enfants — Lori (Sarah Snook), Brian (John Caras) et Jeannette — ont quitté prématurément le foyer afin de s’émanciper.

     

    Les gros violons

     

    L’enfance de Jeannette Walls ayant été assez malheureuse, on se demande bien pourquoi le réalisateur a sorti ses gros violons. Dénué de toute subtilité, The Glass Castle enchaîne mécaniquement les allers-retours dans le temps sans parvenir à maintenir l’intérêt du spectateur. Sans prendre la peine d’étoffer les personnages, Destin Daniel Cretton, qui signe le scénario avec Andrew Lanham (The Shack), se complaît plutôt dans le sordide et dans le sucré pour illustrer le passé. Lorsqu’il s’intéresse à la Jeannette adulte, qui mène une vie confortable dans le New York de 1989, The Glass Castle prend l’allure d’un magazine de papier glacé.

     

    D’une réalisation impersonnelle, ce lourd et laborieux mélo se résume en une suite de flash-back anecdotiques racontés du point de vue d’un personnage antipathique. S’il parvient à rendre émouvant ce récit d’un clan aussi aimant que dysfonctionnel, Destin Daniel Cretton noie le moindre moment de sincérité alors qu’il s’enlise progressivement dans la guimauve et fait sombrer l’ensemble dans une conclusion moralisatrice. Pour couronner le tout, on nous balance durant le générique final des photos et des extraits d’archives de la famille Walls.

    The Glass Castle
    ★★
    Drame biographique de Destin Daniel Cretton. Avec Brie Larson, Woody Harrelson, Naomi Watts, Max Greenfield, John Caras, Sarah Snook et Brigette Lundy-Paine. États-Unis, 2017, 127 minutes.












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