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    Critique cinéma

    «Sage femme», un face à face émouvant entre les deux Catherine du cinéma français

    12 août 2017 |François Lévesque | Cinéma
    Avec sa paire d’actrices suprêmement douées, ce film profondément humain réchauffera le cœur des cinéphiles.
    Photo: Michael Crotto / MK2 Mile End Avec sa paire d’actrices suprêmement douées, ce film profondément humain réchauffera le cœur des cinéphiles.

    Elles sont deux actrices aux tempéraments distincts, appartiennent à deux générations, mais partagent un même prénom. Catherine Deneuve est devenue icône presque à ses débuts. Catherine Frot a connu la gloire sur le tard. Leur rencontre, on l’attendait depuis longtemps. Avec Sage femme, de Martin Provost, c’est maintenant chose faite, et bien faite.

     

    Il faut dire que Martin Provost est passé maître dans l’art des portraits féminins complexes et sensibles, portés chaque fois par des interprétations exceptionnelles. On n’a qu’à se souvenir de Séraphine, sur la peintre Séraphine de Senlis, et d’Où va la nuit, sur une femme victime de violence conjugale qui décide de tuer son mari, tous deux avec Yolande Moreau, ou encore de Violette, dans lequel Emmanuelle Devos incarne l’auteure Violette Leduc.

     

    Sage femme ne fait pas exception. Frot et Deneuve, au sommet de leur art, l’une sobre, l’autre exubérante, toutes deux d’une justesse inouïe, se livrent à un pas de deux qui fait plaisir à voir.

    Aller voir Sage femme ou pas? La réponse de François Lévesque.

     

     

     


    La cigale et la fourmi

     

    Ce drame tout en demi-teintes, et non dénué d’humour, s’attarde au quotidien professionnel gratifiant, mais personnel quelque peu morne, de Claire, une sage-femme qui a élevé seule un grand fils qui vient de quitter le nid. Claire ne boit pas, ne fume pas et ne mange pas de viande. Elle sourit peu.

     

    Débarque dans son existence rangée Béatrice, une figure du passé qui charrie sans le savoir dans son sillage un lot de souvenirs malheureux. Béatrice qui boit, fume, mange de la viande, mais rit moins qu’avant. Cancer.

     

    Ancienne amoureuse du défunt père de Claire, Béatrice entend renouer avec celle-ci. Prompte à repousser l’importune, Claire se laisse émouvoir par la maladie de Béatrice, puis, enfin, par la personne, une femme libre et insouciante : son exact contraire.

     

    Profondément humain

     

    En cela, le titre, qui apparaît avec un trait d’union qui se dissout, renferme plusieurs clés pour comprendre le personnage de Claire. Claire si pleine de sagesse, mais trop flegmatique — sage — pour son propre bien. Ce dont elle prend conscience, non sans résister, au contact de Béatrice. Ce faisant, elle se donne un second souffle, se (re)donne naissance.

     

    C’est d’une délicatesse, d’une acuité, et ce tant à l’écriture qu’à la mise en scène... Avec sa beauté sans fard et, surtout, sa paire d’actrices suprêmement douées, ce film profondément humain réchauffera le coeur des cinéphiles.

     

    Oui, l’attente en aura valu la peine.

    Sage femme
    ★★★★
    Drame de Martin Provost. Avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot. France, 2017, 117 minutes.












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